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Le Venezuela exige un respect « inconditionnel » de son espace aérien

- « Le gouvernement bolivarien déclare que le Venezuela n’acceptera aucun ordre, aucune menace ni aucune intervention de la part d’une puissance étrangère », affirme le ministère des Affaires étrangères

Esra Tekin, Sinan Dogan  | 30.11.2025 - Mıse À Jour : 30.11.2025
Le Venezuela exige un respect « inconditionnel » de son espace aérien

Istanbul

AA / Istanbul / Esra Tekin et Sinan Dogan

Caracas a dénoncé les déclarations du président américain Donald Trump affirmant que l’espace aérien vénézuélien et sa région environnante seraient fermés, alors que le Venezuela réclamait un « respect inconditionnel » de sa souveraineté aérienne.

Dans un communiqué, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a souligné que l’espace aérien du pays est protégé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Se référant à un article de la Convention de Chicago de 1944, le texte rappelle qu’« il est clairement reconnu que chaque État dispose d’une souveraineté exclusive et absolue sur l’espace aérien situé au-dessus de son territoire ». « Le gouvernement bolivarien déclare que le Venezuela n’acceptera aucun ordre, aucune menace ni aucune intervention de la part d’une puissance étrangère. Aucune autorité autre que les institutions vénézuéliennes n’a le droit d’interférer, d’entraver ou d’imposer des conditions à l’utilisation de l’espace aérien national », précise le communiqué.

Il ajoute que les États-Unis ont unilatéralement suspendu les vols destinés au rapatriement de migrants vénézuéliens.

« Les États-Unis ont unilatéralement interrompu ces vols. Ils étaient effectués dans le cadre du Plan Retour à la Patrie pour permettre chaque semaine le retour régulier de Vénézuéliens dans leur pays. À ce jour, 75 vols ont ramené 13 956 de nos concitoyens », souligne le ministère.

Le communiqué estime par ailleurs que les activités militaires américaines constituent une menace pour la Caraïbe et le nord de l’Amérique du Sud, appelant la communauté internationale, les États souverains, l’ONU et les organisations multilatérales concernées à ne pas rester silencieux.

« Le Venezuela répondra avec toute la force que lui confèrent le droit international et l’esprit anti-impérialiste de notre peuple, avec dignité et légalité. Notre pays continuera d’exercer sa souveraineté, protégée par le droit international, sur l’ensemble de son espace aérien. Cette menace contre le Venezuela est une menace contre la paix du continent et contre notre peuple. Nos citoyens, héritiers du Libertador Simon Bolivar, prévaudront », ajoute le communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères, Yvan Gil, a condamné les propos de Donald Trump, qui a évoqué une « fermeture totale de l’espace aérien vénézuélien », y voyant « une approche empreinte d’ambitions coloniales envers la région latino-américaine ».

Il a affirmé que le Venezuela « rejette fermement » ces déclarations, qu’il qualifie de tentative visant à « dicter et menacer » la souveraineté d’un pays.

« Ces propos constituent des actions unilatérales, arbitraires et hostiles, incompatibles avec les principes fondamentaux du droit international, et s’inscrivent dans une politique d’agression continue contre notre nation », a-t-il ajouté sur X.

Selon la presse nationale, l’aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, principal aéroport du pays, poursuit ses opérations normalement malgré les menaces proférées par Trump.

La réaction de Caracas intervient après la publication d’un message de Donald Trump sur les réseaux sociaux invitant « toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains » à « prendre en compte que l’espace aérien vénézuélien et sa zone environnante seront totalement fermés ».

*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore



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