Pascal Mulegwa
28 Avril 2024•Mise à jour: 30 Avril 2024
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les autorités rwandaises ont accusé la République démocratique du Congo (RDC) d’allégations « sans fondements » après que le gouvernement congolais a accusé l’entreprise américaine Apple d’utiliser dans ses produits des minerais extraits illégalement dans l’Est congolais en proie à une violence chronique de groupes armés.
Répondant à Kinshasa, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yollande Makolo a dénoncé auprès des médias locaux de son pays une « répétition d'allégations génériques sans fondement et pour nuire à travers les médias l'une des plus grandes entreprises du monde ».
La mise en demeure de Apple par la RDC est « le dernier coup de théâtre du gouvernement congolais qui cherche constamment à détourner l'attention sur le Rwanda avec de fausses accusations ».
Kinshasa a mandaté deux avocats pour la procédure contre le géant américain accusé d’utiliser des minerais « achetés principalement au Rwanda alors même que le pays affiche une production quasi nulle de ces minerais ».
Ces minerais, selon Kinshasa, sont extraits illégalement en RDC dans des zones de violation des droits de l’homme et obtenus par le Rwanda par la « contrebande ».
Les avocats de Kinshasa attendent des réponses « claires » de la part d’Apple et de ses filiales en France sous trois semaines, selon leur plainte.
Les deux capitales sont à couteaux tirés depuis deux années à la suite de la résurgence de la rébellion du M23 (mouvement du 24 mars) que Kinshasa, l’ONU et plusieurs chancelleries accusent d'être soutenue par le Rwanda.
Les autorités rwandaises ont toujours démenti, mais accusent la RDC d’appuyer les rebelles repliés sur le territoire congolais depuis le génocide. La rébellion contrôle d’importants territoires dans la province du Nord - Kivu ou l’armée congolaise se fait aider par des milices d’autodéfense appelée « Wazalendo » et des mercenaires étrangers.
Le regain de violence a contraint des centaines de milliers d’habitants au déplacement.
La RDC compte environ 7 millions de déplacés, devant le pays le plus touché par le déplacement de ses populations, d’après les Nations Unies.