AA / New York / Diyar Guldogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan prendra la parole mardi lors du débat général de haut niveau de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Les chefs d’État et de gouvernement défileront à la tribune de la salle plénière, devant le décor doré emblématique, pour exposer leurs priorités à la communauté internationale.
Depuis 1955, le Brésil ouvre traditionnellement le débat général, à l’exception de 1983 et 1984. Il sera suivi par le pays hôte, les États-Unis. Le président Erdogan interviendra, quant à lui, en quatrième position au cours de cette première journée.
Avant son départ pour New York dimanche, le chef de l’État avait souligné que cette édition se distinguait des précédentes par l’annonce, attendue de plusieurs pays, de la reconnaissance de l’État de Palestine.
« Nous espérons que ces décisions renforceront la dynamique en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux États », a-t-il déclaré.
Le président turc devrait également insister sur la nécessité d’une réforme des mécanismes de gouvernance mondiale, en particulier du Conseil de sécurité de l’ONU. Erdogan plaide depuis longtemps pour des réformes, popularisant le slogan : « Le monde est plus grand que cinq », en référence à la composition jugée non représentative du Conseil.
- Conférence sur la Palestine
Lundi, Erdogan a pris la parole lors de la Conférence internationale de haut niveau sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États.
« Le massacre à Gaza, qui a déjà coûté la vie à plus de 65 000 personnes, se poursuit dans toute sa brutalité. Personne doté d’une conscience ne peut accepter ce qui se passe, encore moins rester silencieux face à un tel génocide », a-t-il déclaré devant les participants, parmi lesquels plusieurs pays, dont la France, ont annoncé leur reconnaissance de l’État de Palestine.
Saluant cette décision, qu’il a qualifiée de « pas extrêmement important et historique », Erdogan a exprimé l’espoir qu’elle accélère la mise en œuvre d’une solution à deux États.
Il a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu à Gaza, de l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire et du retrait des forces israéliennes.
- Rencontres bilatérales en marge
En marge de l’Assemblée, Erdogan a rencontré lundi à huis clos le Premier ministre canadien Mark Carney pour évoquer les relations bilatérales ainsi que les dossiers régionaux et internationaux.
Le président turc a salué la décision du Canada de reconnaître l’État de Palestine et a félicité son homologue.
Il s’est ensuite entretenu avec le prince héritier du Koweït, Sheikh Sabah Khaled al-Hamad al-Sabah, à la Maison de Türkiye. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales et les enjeux régionaux et mondiaux.
Erdogan a souligné l’importance de développer les relations entre la Türkiye et le Koweït, notamment dans les domaines du commerce, affirmant sa volonté de renforcer la coopération entre les deux pays.
Le président turc a également rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa.
Par ailleurs, il s’est adressé au Comité national directeur turco-américain (TASC) au Rockefeller Center, affirmant que la Türkiye poursuivait ses efforts pour faire progresser les relations turco-américaines sur la base de l’alliance et du partenariat stratégique.
« La coopération entre nos pays se diversifie et s’approfondit dans de nombreux domaines tels que la sécurité, le commerce, les investissements, l’énergie et l’éducation », a-t-il déclaré.
Plus tôt lundi, Erdogan avait aussi participé à la Conférence sur l’investissement en Türkiye organisée à la Maison de Türkiye (centre Türkevi).
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba