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Le processus vers une « Syrie nouvelle » s’est dessiné en 44 heures

- L’opération lancée par l’armée syrienne dans les zones occupées par l’organisation terroriste YPG/FDS à l’ouest de l’Euphrate s’est conclue par un accord après 44 heures

Mustafa Deveci  | 19.01.2026 - Mıse À Jour : 19.01.2026
Le processus vers une « Syrie nouvelle » s’est dessiné en 44 heures

Ankara

AA / Ankara / Mustafa Deveci

La dynamique du processus menant à une « Syrie nouvelle » a été déclenchée par les attaques de l’organisation terroriste visant des zones d’habitation civiles à Alep.

Ainsi, à la suite des attaques menées par l’organisation terroriste contre des quartiers civils à Alep, l’armée syrienne a lancé une opération le 8 janvier, qui a duré environ deux jours. À l’issue de cette intervention, le contrôle a été établi dans les quartiers d’Eşrefiyye et de Cheikh Maksoud.

Par la suite, face aux attaques menées par des drones kamikazes (UAV) contre des zones résidentielles à Alep, et en raison du renforcement militaire de l’organisation dans la région, l’armée syrienne a déclaré, le 13 janvier, les secteurs de Deir Hafir et Maskanah, situés à l’ouest de l’Euphrate, comme zone militaire.

Malgré les tentatives d’entrave des éléments YPG/FDS, plus de 27 000 civils, notamment à Deir Hafir, ont été évacués temporairement grâce à un corridor humanitaire ouvert par l’armée syrienne pendant deux jours.

Dans la soirée du 16 janvier, vers 22h00 (heure locale), l’armée syrienne a annoncé le lancement d’une opération contre les zones occupées à l’ouest de l’Euphrate.

Moins de 24 heures après le début de l’opération, l’armée syrienne a repris, le 17 janvier, les régions de Deir Hafir et Maskanah aux mains de l’organisation terroriste.

Dans la foulée, après la reprise de Deir Hafir et Maskanah, l’armée syrienne a élargi son opération en direction de Tabqa, également située à l’ouest de l’Euphrate.

Le 17 janvier, l’armée a en outre annoncé une nouvelle zone militaire, atteignant le point zéro de la ville de Raqqa, située à l’est de l’Euphrate et occupée par le YPG/FDS, laissant ainsi entendre une prochaine expansion de l’opération.

À la suite de ce développement, dans la soirée du même jour, les forces syriennes sont parvenues à environ 5 kilomètres de l’entrée de la ville de Raqqa.

Après Deir Hafir et Maskanah, le contrôle de la ville stratégique de Tabqa, située à l’ouest de l’Euphrate, est passé à l’armée syrienne le matin du 18 janvier.

- Les tribus et la population locale ont soutenu les opérations

Après le transfert du contrôle de Deir Hafir, Maskanah et Tabqa de l’organisation terroriste à l’armée syrienne, les tribus et habitants de Deir ez-Zor et de Raqqa se sont également soulevés contre le groupe armé, rejoignant les opérations.

Le 18 janvier, les tribus ont nettoyé l’ensemble de la province de Deir ez-Zor de la présence de l’organisation terroriste, prenant le contrôle de la région.

Par ailleurs, elles ont repris le même jour les zones abritant deux des plus grands centres énergétiques de Syrie : le champ pétrolier d’Omar et le champ gazier de Conoco.

Après Deir ez-Zor, la révolte s’est également étendue à Raqqa, où tribus et population locale ont lancé une mobilisation contre l’organisation terroriste. Le 18 janvier, ils ont en grande partie libéré le centre-ville de Raqqa.

Cependant, des tireurs embusqués appartenant à l’organisation terroriste ont ouvert le feu sur des civils qui célébraient la reprise du contrôle dans la ville. Les attaques ont fait au moins quatre morts et de nombreux blessés.

- L’armée syrienne est passée à l’est de l’Euphrate

Après la révolte des tribus et des habitants à Deir ez-Zor et Raqqa, et leur prise de contrôle des centres-villes, l’armée syrienne a, à son tour, commencé à franchir l’Euphrate vers l’est, le 18 janvier.

Dans la soirée, les unités de l’armée sont entrées dans le centre-ville de Raqqa, où les tribus et la population avaient déjà établi un contrôle majoritaire.

En parallèle, l’armée syrienne a également ouvert, le 18 janvier, un second front depuis la région de Tal Abyad, à la frontière turque, en direction des zones rurales de Raqqa et de Hassaké.

Grâce à ces opérations, le contrôle de nombreuses régions longtemps occupées par l’organisation terroriste, notamment Deir ez-Zor, Raqqa et Deir Hafir, est ainsi passé sous l’autorité du gouvernement syrien.

- L’opération s’est achevée par un accord de cessez-le-feu et d’intégration totale

L’opération de l’armée syrienne, qui a duré environ 44 heures, s’est terminée par la signature d’un accord de cessez-le-feu et d’intégration totale entre le gouvernement de Damas et le YPG/FDS.

Dans un communiqué écrit publié le 18 janvier à 18h00 (heure locale), le gouvernement de Damas a annoncé que le président syrien Ahmed Al-Charaa avait signé un accord avec le YPG/FDS, portant à la fois sur un cessez-le-feu et sur l’intégration complète du groupe.

Selon l’accord, un cessez-le-feu immédiat et global est décrété sur tous les fronts et lignes de contact. Il prévoit également le retrait de tous les membres du groupe à l’est de l’Euphrate, ainsi que le transfert immédiat et total, sur le plan administratif et militaire, des provinces de Deir ez-Zor et de Raqqa au gouvernement syrien. De plus, toutes les institutions civiles de la province de Hassaké, jusque-là sous contrôle du groupe, seront intégrées aux structures administratives et aux institutions de l’État syrien.

Toujours selon cet accord, toutes les ressources énergétiques et les postes-frontières passeront sous contrôle de l’État, tandis que les éléments du YPG/FDS seront intégrés aux forces de sécurité syriennes. En d’autres termes, les FDS seront techniquement dissoutes.

À Ayn al-Arab, les éléments lourdement armés du YPG/FDS seront démantelés, et une force de sécurité locale, composée d’habitants, sera mise en place sous l’autorité du ministère syrien de l’Intérieur.

L’accord indique également que tous les membres non syriens du PKK seront expulsés du pays, et que les camps de l’organisation terroriste Daech, actuellement contrôlés par le YPG/FDS, seront transférés à l’administration syrienne.

- L’armée syrienne a pris le contrôle du barrage de Tichrine, à l’est de l’Euphrate

Après l’accord, les opérations sur la ligne de front ont cessé et un calme général prévaut dans la région.

Par ailleurs, l’armée syrienne a annoncé avoir repris ce matin, sans affrontements, le contrôle du barrage de Tichrine, situé au sud-ouest de Manbij, et l’avoir récupéré des mains de l’organisation.


* Traduit du turc par Adama Bamba

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