Le Premier ministre belge menace de démissionner si la coalition devient « incapable de prendre des décisions »
- Bart De Wever appelle également à des négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine et rétablir un approvisionnement énergétique moins coûteux
Istanbul
AA / Istanbul / Necva Tastan Sevinc
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a averti qu’il pourrait quitter ses fonctions si le gouvernement de coalition qu’il dirige devenait incapable de prendre des décisions, dans un contexte de tensions croissantes au sein de l’alliance au pouvoir et de débats sur la politique énergétique et les relations avec la Russie, ont rapporté lundi les médias locaux.
Dans des entretiens accordés à des journaux francophones, cités par la chaîne publique flamande VRT NWS, De Wever a affirmé qu’il ne resterait pas en poste si le gouvernement se retrouvait paralysé.
« Si ce gouvernement n'est plus en mesure de prendre des décisions, je ne resterai pas Premier ministre », a-t-il déclaré.
Cet avertissement intervient alors qu’un nouveau sondage réalisé par le quotidien flamand Het Laatste Nieuws et la chaîne VTM montre que l’Alliance néo-flamande (N-VA), le parti nationaliste de De Wever, demeure la première formation politique en Flandre comme à l’échelle nationale, tandis que plusieurs partis francophones de la coalition ont vu leur soutien reculer.
De Wever a reconnu la fragilité politique de la coalition, soulignant que sa stabilité dépend en partie de la force électorale de ses partenaires francophones.
« Je suis très reconnaissant envers les Wallons qui ont voté pour le MR et Les Engagés, car cela nous offre l’opportunité de nous mettre au travail au niveau fédéral », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, il a mis en garde contre tout blocage politique au sein du gouvernement.
« Je ne peux pas accepter les lignes rouges de n’importe quel parti. Sinon, nous continuerons à faire du surplace, comme la coalition Vivaldi », a ajouté De Wever.
Le Premier ministre a également suscité la controverse en suggérant que l’Union européenne devrait négocier avec la Russie afin de mettre fin à la guerre en Ukraine et, à terme, rétablir l’accès à des approvisionnements énergétiques moins coûteux.
« Nous devons négocier la fin de la guerre en Ukraine et, en même temps, normaliser les relations avec la Russie afin de retrouver l’accès à une énergie bon marché. C’est tout simplement du bon sens », a déclaré De Wever dans un entretien accordé au quotidien économique L'Echo.
Ses propos ont suscité des critiques au sein même de son gouvernement. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a mis en garde contre toute discussion sur une normalisation avec Moscou alors que la guerre se poursuit.
« Aujourd’hui, la Russie refuse la présence européenne à la table des négociations et maintient des exigences maximalistes. Tant que cela sera le cas, parler de normalisation envoie un signal d’affaiblissement qui compromet l’unité européenne », a déclaré Prévot.
De Wever a également mis en garde contre les tentatives du parti libéral francophone Reformist Movement, dirigé par Georges‑Louis Bouchez, de présenter des listes électorales en Flandre.
« À mon avis, ce n’est pas une bonne idée de diviser les partis de droite », a-t-il conclu.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
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