Istanbul
AA / Istanbul / Necva Tastan Sevinc
Le président polonais Karol Nawrocki a déclaré que la Russie et ses dirigeants continueront de représenter une menace durable pour l’Europe centrale et orientale, indépendamment des changements éventuels dans le système politique à Moscou.
S’exprimant dimanche lors d’une conférence de presse conjointe à Vilnius, la capitale lituanienne, aux côtés du président lituanien Gitanas Nauseda et du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Nawrocki a souligné que les mises en garde de longue date de la région à propos de la Russie s’étaient révélées fondées.
« Les politiques visant à soutenir une “réinitialisation” des relations avec la Fédération de Russie disparaissent, mais une chose reste inchangée : qu’il s’agisse de la Russie tsariste, de la Russie bolchevique ou de la Russie de Vladimir Poutine, nos pays, aujourd’hui indépendants, font toujours face à la même menace de la part de la Fédération de Russie », a-t-il déclaré.
« Les pays d’Europe centrale et orientale ne se sont pas trompés dans leur perception de la menace russe, même à une époque où l’Europe occidentale se concentrait encore sur la politique climatique ou sur l’accueil d’immigrés illégaux », a-t-il ajouté, selon TVP World.
Les trois dirigeants se sont réunis à l’occasion de l’anniversaire de l’Insurrection de janvier 1863 contre la domination russe, une révolte avortée visant à restaurer la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie), avant d’être écrasée par les forces tsaristes un an plus tard.
Karol Nawrocki a indiqué que ce soulèvement conserve une importance symbolique, le qualifiant de victoire morale ayant permis de préserver l’identité nationale et d’envoyer un message selon lequel « la reddition n’est pas une option ».
Selon lui, cette leçon demeure actuelle aujourd’hui, « dans un monde où l’agression impériale reprend vie ».
Le président polonais a également mis en avant le renforcement de la coopération régionale en matière de défense, saluant les dépenses militaires prévues par la Lituanie, qui devraient atteindre 5,4 % du produit intérieur brut, un niveau supérieur à celui de la Pologne.
« La Pologne consacre près de 5 % de son PIB au développement des forces armées polonaises. Nous disposons de l’armée la plus puissante de la région, avec plus de 200 000 soldats polonais. Je ne peux donc que féliciter la Lituanie », a-t-il déclaré.
Karol Nawrocki a enfin précisé que les troupes polonaises pourront s’entraîner dans une nouvelle zone militaire lituanienne, près du corridor de Suwalki, une étroite bande de terre située entre l’enclave russe de Kaliningrad et le Bélarus, largement considérée comme un point de tension potentiel en cas de conflit futur.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
