Le président tchèque affirme que l’Europe ne peut pas encore remplacer le rôle des États-Unis dans la défense de l’OTAN
- Pavel appelle à un pilier européen plus fort avec des calendriers coordonnés afin d’éviter des lacunes sécuritaires si Washington réduit sa présence
Germany
AA / Allemagne – Munich / Beyza Binnur Donmez
Le président tchèque Petr Pavel a déclaré que l'Europe est actuellement incapable de remplacer les États-Unis au sein de l'OTAN si Washington venait à retirer ses forces. Il a averti qu'une coordination plus étroite est nécessaire face aux tensions et à l'incertitude croissantes qui pèsent sur les liens de défense transatlantiques.
S'exprimant auprès d'Anadolu en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, Pavel a affirmé que les États-Unis demeurent un élément central de l'architecture de sécurité de l'Alliance.
« Les États-Unis contribuent de manière significative à la défense de l'OTAN, et si toute leur présence et leurs capacités étaient retirées aujourd'hui, l'Europe ne serait pas en mesure de combler ce vide », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent dans un contexte de débats renouvelés en Europe sur l'autonomie stratégique et de craintes quant à une possible réduction des engagements de Washington, ce qui accroît la pression sur les alliés européens pour qu'ils renforcent leurs propres capacités.
Pavel a toutefois souligné que l'Alliance, qui compte 32 membres, fonctionne sur la base de partenariats et de consultations plutôt que par des changements brusques.
« En tant que partenaires et alliés, nous travaillons toujours en coordination », a-t-il déclaré.
Il s'est dit favorable au renforcement de ce qu'il a qualifié de pilier européen de l'OTAN, à condition que toute transition soit gérée avec soin et communiquée en amont.
« Je suis convaincu que le renforcement du pilier européen de l'OTAN sera bien coordonné, de sorte que, quel que soit le niveau de capacité que les États-Unis souhaitent retirer, ils nous informeront du calendrier, qui sera suffisamment réaliste pour permettre aux pays européens de se doter de leurs propres moyens de défense. Ainsi, nous pourrons nous défendre efficacement, même si les États-Unis décident de se retirer partiellement ou totalement d'Europe », a-t-il affirmé.
Il a indiqué qu'avec des échéances réalistes et une préparation adéquate, l'Europe pourrait progressivement assumer une plus grande responsabilité en matière de défense, même si les États-Unis décident de réduire leur présence.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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