Politique, Monde

Le président de la RTCN dénonce l’absence des Chypriotes turcs dans un discours de la Commission européenne

- « Le peuple chypriote turc a été sur cette île, il y est aujourd’hui et il y restera », affirme le président de la République turque de Chypre du Nord

Asiye Latife Yılmaz  | 09.01.2026 - Mıse À Jour : 09.01.2026
Le président de la RTCN dénonce l’absence des Chypriotes turcs dans un discours de la Commission européenne

Istanbul

AA / Ankara / Bekir Aydogan

Le président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) a critiqué la présidente de la Commission européenne pour n’avoir fait aucune mention des Chypriotes turcs dans son discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture de la présidence du Conseil de l’UE par l’administration chypriote grecque.

« Le peuple chypriote turc a été sur cette île, il y est aujourd’hui et il y restera », a déclaré Tufan Erhurman dans un communiqué publié jeudi.

Erhurman a indiqué avoir examiné le discours prononcé mercredi par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, relevant qu’il ne contenait « pas une seule référence » aux « Chypriotes turcs ».

Il a également critiqué un passage évoquant des innovateurs en intelligence artificielle développant des technologies « à l’ombre des églises byzantines », estimant que cette formulation présente l’histoire de l’île comme si elle avait été exclusivement placée sous la domination de l’Empire byzantin.

Soulignant que la RTCN ne cherche pas à ignorer ces questions afin d’éviter de nuire aux relations, Erhurman a déclaré : « Pour nous, la bonne approche n’est pas d’ignorer le fait d’être ignorés, mais de le signaler dans tous les cadres afin que les relations soient établies sur des bases correctes. »

Il a ajouté qu’ils n’évitent pas le dialogue et que, lors des échanges, ils n’hésitent pas à faire valoir leurs points de vue, leurs réalités et leurs vérités.

Erhurman a souligné qu’ils rappellent à tous les responsables de l’UE et des États membres que des mesures de confiance sont également nécessaires entre l’Union européenne et les Chypriotes turcs.

Il a précisé qu’ils ont, à plusieurs reprises, exposé leur position sur « la dimension politique de la question et l’anomalie que représente Chypre au sein de l’UE », et qu’ils continueront à le faire.

« Je pense que le simple fait pour des responsables européens de réexaminer le texte de ce discours serait éclairant pour comprendre nombre des points que nous tentons de faire passer », a conclu Erhurman.

- Un conflit vieux de plusieurs décennies

Chypre est plongée depuis des décennies dans un différend opposant les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs, malgré une série d’efforts diplomatiques menés par l’ONU en vue d’un règlement global.

Les violences intercommunautaires ayant débuté au début des années 1960 ont contraint les Chypriotes turcs à se réfugier dans des enclaves pour assurer leur sécurité.

En 1974, un coup d’État chypriote grec visant l’annexion de l’île par la Grèce a conduit à l’intervention militaire de la Türkiye, en tant que puissance garante, afin de protéger les Chypriotes turcs contre les persécutions et les violences.

La République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été proclamée en 1983.

Le processus de paix a connu des avancées et des blocages au fil des ans, notamment avec l’échec, en 2017, d’une initiative menée en Suisse sous l’égide des pays garants la Türkiye, la Grèce et le Royaume-Uni.

L’administration chypriote grecque a intégré l’Union européenne en 2004, la même année où les Chypriotes grecs ont, seuls, bloqué un plan des Nations unies destiné à mettre fin à ce conflit de longue date.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir



Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın