Le Parlement européen divisé sur une motion de censure alors que Von der Leyen boycotte le débat
- Bien qu’elle soit vouée à l’échec, la motion de censure, qui obligerait l’ensemble de la Commission européenne à démissionner, doit être soumise au vote jeudi
Brussels Hoofdstedelijk Gewest
AA / Bruxelles / Melike Pala
Lundi, le Parlement européen était profondément divisé lors du débat sur une motion de censure contre la Commission européenne concernant un accord commercial récemment signé entre l'Union européenne et le Mercosur, bloc latino-américain.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, était notamment absente lors des discussions sur cette motion, proposée par le groupe d'extrême droite Patriotes pour l'Europe. Ce groupe accusait la Commission de « contourner » les procédures démocratiques et de « nuire » aux agriculteurs européens en imposant cet accord commercial, longtemps retardé, avec le Mercosur.
L'absence de von der Leyen a rapidement suscité de vives critiques au sein de plusieurs groupes politiques.
Kinga Gal, de Patriotes pour l'Europe, a déclaré que cette absence témoignait du « mépris » de von der Leyen envers le Parlement européen et les milliers d'agriculteurs qui manifestent dans toute l'Union européenne.
Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a affirmé que Bruxelles restait attachée au dialogue avec le Parlement et les États membres, ajoutant qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant l'application provisoire de l'accord.
Sefcovic a déclaré que la Commission avait introduit des garanties « sans précédent » pour protéger les secteurs sensibles, une affirmation que Gal a qualifiée de « vide de sens ».
Malgré le scepticisme généralisé à l’égard de l’accord Mercosur, la plupart des principaux groupes politiques ont indiqué qu’ils s’opposeraient à la motion de censure, arguant qu’elle était utilisée comme un « outil politique » plutôt que comme un véritable mécanisme de responsabilisation.
Jeroen Lenaers, du Parti populaire européen (PPE, centre-droit), le groupe politique d’Ursula von der Leyen, a déclaré qu’une motion de censure ne devait pas être réduite à un simple « instrument de campagne », avertissant que l’Union européenne ne pouvait se permettre une instabilité institutionnelle face à la montée des pressions géopolitiques et économiques.
Le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) a également annoncé qu’il voterait contre la motion, une position partagée par Renew Europe, qui a averti que la destitution de la présidente de la Commission affaiblirait la capacité de l’Union européenne à agir de manière cohérente dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis.
Manon Aubry, du parti Die Linke, a accusé la Commission de « bafouer la démocratie » et a critiqué l'absence d'Ursula von der Leyen lors du débat. « Mme von der Leyen a fait trop de dégâts et elle doit partir. Mais l'extrême droite n'est pas l'alternative », a-t-elle ajouté.
La motion sera mise aux voix jeudi. Si elle est adoptée, elle contraindrait l'ensemble de la Commission européenne à démissionner, même si son rejet est largement anticipé compte tenu des rapports de force au Parlement.
L'Union européenne et le Mercosur, qui regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, ont signé l'accord commercial samedi au Paraguay après plus de vingt ans de négociations. Cet accord doit être ratifié par le Parlement européen avant d'entrer en vigueur.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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