Mohamed Hedi Abidellaoui
21 Mars 2017•Mise à jour: 22 Mars 2017
AA/ Paris/ Souhir Bousbih
Le ministre français de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a annoncé sa démission, mardi soir à Bobigny, en région parisienne.
Il sera remplacé par Matthias Fekl, jusqu’alors secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, a rapporté la presse locale.
Cette annonce intervient dans la foulée des révélations de l’embauche de deux de ses filles à des postes d’assistantes parlementaires, lundi soir, dans l’émission "Quotidien" sur TMC, et fait suite à l’ouverture mardi par le Parquet National Financier d’une enquête préliminaire, autour de cette affaire.
S’il a affirmé « son honnêteté » et récusé les accusations d’emplois fictifs, soulignant que les contrats correspondaient à des « travaux effectivement réalisés », il a justifié sa démission en déclarant ne pas vouloir que ce débat fasse « l’amalgame » avec l’action du gouvernement.
Le Parquet National Financier a ouvert, mardi, une enquête préliminaire à ce propos. L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières.
Lundi soir, l'émission a révélé que le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux avait employé ses deux filles comme assistantes parlementaires lorsqu’ il était député PS de Seine-Saint-Denis. Les jeunes filles, aujourd’hui âgées de 20 et 21 ans, étaient adolescentes au moment des faits. Elles auraient cumulé chacune 14 et 10 contrats à durée déterminée, effectués pendant les vacances scolaires entre 2009 et 2016.
Bruno Le Roux n’a pas nié les faits, précisant qu’il s’agissait de « travaux d’été ». En janvier dernier, après l’éclatement de l’affaire Fillon, soupçonné d’avoir employé sa femme et deux de ses enfants pour des postes fictifs d’assistants parlementaires, il s’était déclaré opposé au fait que des députés puissent employer des membres de leur famille: « Je pense qu’il devrait y avoir une règle simple dans ce cas de figure qui est que ce n’est pas autorisé », avait-il déclaré à l’antenne de la radio nationale RTL.
L’une des jeunes filles du ministre était en stage à temps plein dans une enseigne de beauté au même moment où elle était employée comme assistante parlementaire à l’été 2013, quand l’autre était étudiante en classe préparatoire en mai 2015 et avait, par conséquent, peu de temps libre à consacrer à un poste à temps plein.
Cet épisode n’est pas sans rappeler l’affaire Fillon. Le candidat LR (Les Rpublicains) à la présidentielle du 23 avril a été mis en examen le 14 mars pour détournement de fonds et abus de biens publics après les révélations du journal satirique « Le Canard Enchaîné ».
La justice soupçonne le candidat, alors député de la Sarthe, d’avoir rémunéré comme assistants parlementaires son épouse Pénélope et deux de ses enfants pour des emplois présumés fictifs. Des soupçons qui pèsent également sur la candidate frontiste à la présidentielle Marine Le Pen, accusée d’avoir rémunéré des assistants avec l’argent du Parlement Européen, sans que ces derniers n’aient réellement occupé ces postes à Bruxelles et au Luxembourg.
L’argent aurait servi à rémunérer ces assistants, dont les tâches étaient exclusivement allouées au parti. Contrairement à François Fillon, Marine Le Pen a refusé de se rendre devant les juges d’instruction.