Ekip,Ayvaz Çolakoğlu
21 Mars 2017•Mise à jour: 22 Mars 2017
AA - Jérusalem - Ayvaz Colakoglu
L'office du renseignement national israélien Shin Bet a porté l'accusation de "soutien au terrorisme" à l'encontre d'un employé de l'Agence turque de la coopération et de la coordination (TİKA) d'origine palestinienne, Muhammed Murteca, actuellement en garde à vue en Israël.
Ces accusations englobent les activités de Murteca au sein de la TİKA et les projets réalisés à destination de la population de Gaza qui fait face actuellement à une grave crise humanitaire.
Un communiqué écrit du Shin Bet, publié mardi insinue que les aides fournies par la TİKA sont redistribuées par Murteca "aux membres et aux familles des brigades Izz al-Din al-Qassam [branche armée du Hamas], servant ainsi des objectifs militaires".
Toujours selon le communiqué, Murteca, de connivence avec Ismail Haniye, adjoint au président du bureau politique du Hamas, aurait fourni à la TİKA une liste de familles dans le besoin, composée des membres des brigades Izz al-Din al-Qassam, leur permettant ainsi d'obtenir un soutien matériel et financier.
Le Shin Bet insiste, dans son document, sur le fait que Murteca est un employé de la TİKA, institution rattachée au gouvernement turc, l'accusant " d'avoir trompé la TİKA et ainsi permis la distribution d'une importante quantité d'aides humanitaires à la branche armée du Hamas".
Les mêmes accusations sont portées à l'encontre de la fondation humanitaire turque (IHH) qui selon le Shin Bet serait utilisée comme couverture afin de faire parvenir de "l'argent liquide" au Hamas.
Une forte pression est exercée par les autorités israéliennes à l'encontre des organisations humanitaires qui tentent d'aider les habitants de Gaza, sous embargo depuis 2006.
Israël avait arrêté et jugé, au mois d'août dernier, Vahid Abdullah al-Burch, employé des Nations Unies travaillant en Palestine, sous l'accusation "de soutien au Hamas".
Les organisations israéliennes, à l'instar de B'Tselem, font également les frais de cette répression, accusées régulièrement de "traîtrise envers la nation".
Par ailleurs, les députés israéliens ont voté, il y a quelques semaines, une loi interdisant l'accès sur le territoire de tous ceux qui "dénoncent la colonisation, l'occupation des territoires palestiniens et font des appels au boycott d'Israël".
Marié et père de quatre enfants, Muhammed Murteca est en garde à vue depuis le 12 février. Il travaille pour la TİKA dans la bande de Gaza depuis 2012.