Mohammad Sıo
30 Novembre 2024•Mise à jour: 30 Novembre 2024
AA / Beyrouth / Stephanie Rady
Dans son premier discours depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël mercredi, le Secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a défini cinq engagements clés pour le redressement du Liban après la guerre, y compris les efforts de reconstruction et de résolution de la crise politique prolongée du pays.
Dans une allocution enregistrée, diffusée vendredi, Naim Qassem a insisté sur le rôle du Hezbollah dans la reconstruction du pays. « Nous travaillerons avec notre peuple à la reconstruction, en utilisant les mécanismes appropriés, et nous coopérerons avec l'État pour y parvenir », a-t-il déclaré.
Il a également souligné l'urgence de parachever le cadre constitutionnel du Liban, notamment en élisant un nouveau président, ajoutant : « Nous veillerons à ce que l'élection du président ait lieu dans les délais prévus ».
Le Liban est confronté à un vide présidentiel depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022. Douze sessions parlementaires, dont la dernière le 14 juin 2023, n'ont pas permis d'élire un successeur. Le président du Parlement, Nabih Berri, a fixé au 9 janvier 2025 la date d'une nouvelle session destinée à sortir de l'impasse.
Les troisième et quatrième engagements de Naim Qassem portent sur le renforcement de l'unité nationale. « Nous coopérerons avec toutes les forces qui croient que le pays appartient à tous ses citoyens et nous engagerons un dialogue pour construire un Liban uni basé sur l'accord de Taëf », a-t-il déclaré.
L'accord de Taëf, conclu en 1989, a mis fin à 15 ans de guerre civile au Liban et a restructuré le partage du pouvoir entre les différentes confessions religieuses du pays, en créant un équilibre entre chrétiens et musulmans.
Le dernier engagement de Naim Qassem a souligné l'importance de la défense nationale. « Nous préserverons l'unité nationale et renforcerons nos capacités défensives afin de dissuader toute tentative de l'ennemi (israélien) de porter atteinte au Liban », a-t-il conclu.
Le cessez-le-feu, qui a débuté mercredi, a mis fin à plus de 14 mois de combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah.
Selon les termes de l'accord, Israël doit retirer progressivement ses forces au sud de la Ligne bleue, la frontière de facto, tandis que l'armée libanaise est chargée de déployer ses forces dans le sud du Liban, et ce dans un délai de 60 jours.
Les détails concernant les mécanismes de mise en œuvre de l'accord et les activités du comité de surveillance n'ont pas encore été divulgués.
Le conflit a fait de nombreuses victimes : plus de 3 960 personnes ont été tuées, au moins 16 500 autres ont été blessées et plus d'un million ont été déplacées lors des attaques israéliennes contre le Liban depuis octobre de l'année dernière, d'après les autorités sanitaires libanaises.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj