Sibel Morrow
19 Février 2024•Mise à jour: 22 Février 2024
AA / Ankara / Sibel Morrow
Les cours du pétrole ont baissé lors des échanges matinaux de ce lundi, sur fond d’inquiétudes persistantes concernant l'économie américaine et les retards probables dans l’application des baisses des taux d'intérêt de la Réserve fédérale (Fed) qui ont suscité les inquiétudes des marchés en matière de croissance de la demande de pétrole aux États-Unis, le plus grand pays consommateur de pétrole au monde.
Le baril de brut Brent de référence internationale s'est échangé à 82,93 dollars le baril à 10 h 14 heure locale (07 h 14 GMT), avec une baisse de 0,65 % par rapport au cours de 83,47 dollars établi lors des échanges de clôture du vendredi dernier.
Le baril américain de référence West Texas Intermediate (WTI) s'est, pour sa part, échangé à 77,89 dollars le baril, avec une baisse de 0,72 % par rapport aux cours de clôture du vendredi qui était de 78,46 dollars le baril.
Les cours du pétrole ont reculé en ce début de semaine, sous l’effet des craintes d’un éventuel report des décisions de baisse des taux d'intérêt par la Fed, suite aux indicateurs des données macroéconomiques récentes.
Les chiffres récents du Département américain du Commerce ont aggravé ces inquiétudes, dans la mesure où les données ont révélé une baisse significative des ventes au détail du mois de janvier. Les ventes ont reculé de 0,8 % à 700,3 milliards de dollars, marquant une baisse plus considérable que les 0,2 % prévus précédemment. Ce ralentissement des dépenses des consommateurs est considéré comme un indicateur potentiel d'un ralentissement économique plus large, qui pourrait influencer les décisions de politique monétaire de la Fed.
Les acteurs du marché ont suivi de près les mesures prises par la Fed, le consensus général étant auparavant favorable à des taux directeurs stables. Cependant, les attentes s'ajustent désormais, avec une probabilité de 75 % à ce que la Fed initie des baisses de taux d'ici juin, ce calendrier suggère une approche prudente pour stimuler l'économie américaine.
Les investisseurs attendent le compte rendu de la dernière réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) de la Fed, qui devrait être publié dans la journée du mercredi, pour glaner des indices sur les actions futures de la Fed.
L'Energy Information Administration (EIA) a renforcé encore les inquiétudes concernant l'économie du pays et l'évolution de la demande pétrolière, en signalant la semaine dernière une augmentation inattendue des réserves de pétrole brut aux États-Unis de 12 millions de barils, pour atteindre les 439,4 millions de barils la semaine dernière.
Ce volume dépasse les prévisions des analystes qui tablaient sur une hausse de 8,5 millions de barils. Les données suggèrent également une offre potentielle excédentaire sur le marché qui pourrait continuer à favoriser la tendance à la baisse des cours du pétrole.
Les inquiétudes de la semaine dernière concernant une offre excédentaire en 2024 se sont prolongées jusqu’au début de cette semaine et ont exercé une pression sur les prix, à un moment où l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré que l’offre mondiale de pétrole devrait dépasser la demande.
"Cela contraste fortement avec l'OPEP, qui constate dans son rapport mensuel sur le marché pétrolier, une consommation plus robuste dans un contexte de contraintes d'approvisionnement persistantes pour soutenir les prix", explique Daniel Hynes, stratège en matières premières chez Australia and New Zealand Banking Group.
Les cours du brut ont, en outre, été soutenus à un certain degré par les données en provenance de Russie qui avait presque atteint son objectif de réduction volontaire de l'offre pétrolière, et ce, pour la première fois depuis sa décision de réduction de production prise l'année dernière, a ajouté Hynes.
* Traduit de l’anglais par Mounir Bennour.