Le Conseil d'Etat annule l'élection remportée par un maire musulman en 2020
- En France, le Conseil d'État a annulé au motif de "propagande électorale illégale" les élections de 2020 à Trappes, une banlieue de la capitale Paris, lors desquelles Ali Rabeh avait été élu maire
Ankara
AA/Paris
Selon le quotidien Le Parisien, 3 mois avant le second tour des élections du 28 juin 2020, l'association "Coeur de Trappes", dont Ali Rabeh était président, s'était engagée dans des activités caritatives.
La photo de Rabeh, candidat à l'élection, était apposée sur des masques, kits alimentaires et kits éducatifs pour enfants distribués par l'association.
A la demande du mouvement de l'opposition de la ville, Engagement Trappes Citoyens et d'Othman Nasrou, vice-président du conseil régional, le tribunal administratif de Versailles dans sa décision datant de février avait annulé l'élection et invalidé la candidature de l'actuel maire Ali Rabeh.
En dépit de l'appel de la décision du tribunal formulé par Ali Rabeh, le Conseil d'État a annulé l'élection, jugeant que ces activités, qui n'avaient pas été rapportées dans ses comptes de campagne électorale relevaient de "la propagande électorale illégale et de violation de la loi électorale."
- L'élection sera renouvelée
Le Conseil d'État a appelé au renouvellement des élections, n'a pas invalidé la candidature de Rabeh et a enjoint l'État à rembourser les frais de campagne du maire.
Ali Rabeh a, quant à lui, dit reconnaître la bonne volonté du Conseil d'État et assuré qu'il se représentera aux élections prévues dans trois mois.
Dans un message partagé sur Twitter, Nasrou avait jugé la décision du Conseil d'État comme une opportunité pour les habitants de Trappes de se débarrasser de cette "administration séparatiste, favorisée et anti-républicaine."
Au cours des élections précédentes, Rabeh avait obtenu 69,5% des voix au second tour des élections.
- Le maire avait déjà été menacé auparavant
Trappes, où l'on retrouve une forte population musulmane, a fait la une en février lorsqu'un professeur de lycée a affirmé que "la ville est tombée aux mains des islamistes"
Le maire Ali Rabeh avait reçu de nombreuses menaces de mort suite à ces allégations.
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