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Le communiqué du Conseil saoudien des Oulémas contre les Frères musulmans, fortement critiqué

- Des politiciens, des activistes et des défenseurs des droits de l’homme ont émis de vives critiques contre le Conseil saoudien

Hend Abdessamad   | 11.11.2020
Le communiqué du Conseil saoudien des Oulémas contre les Frères musulmans, fortement critiqué

Istanbul


AA/ Istanbul

Le Conseil saoudien des oulémas a publié un communiqué qualifiant les Frères musulmans d' « organisation terroriste », ce qui a provoqué une vague de colère parmi les politiciens, les activistes et les défenseurs des droits de l’homme à travers le monde musulman.

Les Frères musulmans ont répliqué, mardi, que la Confrérie est une organisation réformiste et non-terroriste, en réponse au communiqué du Conseil saoudien qui a affirmé que le groupe « ne représente en rien les valeurs de l’Islam ».

De ce fait, l’activiste yéménite et lauréate du prix Nobel de la paix en 2011, Tawakkol Karman, a fortement critiqué le Conseil saoudien des oulémas à la suite de son communiqué contre les Frères musulmans, en les qualifiant de « Conseil des tambourineurs » en faisant référence à leur dépendance au pouvoir gouvernemental.

Karman a exprimé via son compte Twitter que « les Frères musulmans en Arabie Saoudite luttent pour la liberté ».

Le militant politique mauritanien, Muhammad al-Mukhtar al-Shinqiti, a également réagi sur Twitter « je suis convaincu que le communiqué du Conseil saoudien des oulémas n’est qu’un buzz, pour détourner l’opinion publique musulmane de la grande victoire en Azerbaïdjan ».

Et d’ajouter « Ils voulaient atténuer ainsi la jubilation concernant la détresse du président ( français ) Emmanuel Macron, et celle du vaincu Donald Trump. Nous ne devrions pas nous préoccuper de ces bulles médiatiques triviales qui visent à détourner l'attention du boycott des produits français, qui s'inscrit dans le contexte de l'offense française à l'égard de l'Islam et du prophète Mohammad, que la paix et la bénédiction de Dieu lui soient accordées. ».

Le président russe, Vladimir Poutine, avait annoncé, qu’un accord de cessez-le-feu dans la région du Haut-Karabakh, a été conclu entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Les forces des deux pays sont toujours stationnées dans leurs zones de contrôle actuelles. Le président azerbaidjanais, Ilham Aliyev a considéré l’accord comme « une grande victoire » pour son pays.

L’ancien ministre égyptien des Awqafs, Mohamad Assagheer a également critiqué le communique publié par le Conseil saoudien des oulémas contre les Frères musulmans.

Assagheer a twitté « le Conseil avait sa place dans les cœurs des musulmans, mais sa crédibilité est perdue quand il est devenu le Conseil de publications des communiqués dictés par le pouvoir ».

L’auteur saoudien Turki Shalhoub s’est étonné du changement de la position du Conseil contre les Frères musulmans.

Shalhoub a cité, à ce sujet, une Fatwa publiée auparavant par le Comité permanent des recherches islamiques et de la délivrance des fatwas, rattaché au Conseil des oulémas, où il avait classé la Confrérie des Frères musulmans, un des groupes islamiques les plus proches de la vérité.

Et de commenter « Le Royaume suivait hier le dicton d’ibn Baz que les Frères musulmans sont le groupe islamique le plus proche de la vérité », alors qu’aujourd’hui, le Conseil des oulémas « a fait d’eux des terroristes ».

L’auteur et politicien palestino-jordanien, Yasser Zaatreh, a réagi sur son compte Twitter « qu’est-ce qui a pris au Conseil des oulémas des Frères musulmans pour qu’il renvoie la même accusation de terroriste? Tout le monde est conscient que c’est une accusation qui n’a rien à voir avec la vérité, ni de près ni de loin ».

Et de souligner « la preuve en est qu’ils sont présents (les Frères musulmans), sous différentes appellations, dans plusieurs pays arabes, ils évoluent dans des cadres formels et ils avaient une bonne relation avec le Royaume pendant des décennies ».

L’académicien saoudien, Saied Ben Nasser Alghamdi, a également twitté, à ce sens, « à celui qui a du mérite et de la religion parmi le Conseil des oulémas, nous savons que vous ne voyez pas ce qui est publié en votre nom, je jure au nom de Dieu que vous êtes dans le dilemme de la vie, attendez le dilemme de la vie dans l'au-delà ».

Et de poursuivre « le désir est la clé des péchés et l’ennemi des bonnes actions, celui qui court après ses désirs, Dieu en fera son humiliation ».

Ahmed Elbaqry, l’activiste politique égyptien, a remis en cause « avez-vous vu un communiqué du dénommé Conseil saoudien des oulémas quand Donald Trump (président américain sortant) avait annoncé Jérusalem comme la capitale des sionistes?»

Elbaqry a également interrogé via son tweet « avez-vous lu, de leur part, une déclaration contre le président français qui s'en est pris au Saint Prophète ? avez-vous vu une position de leur part contre la course vers les sionistes et la conclusion des accords de trahison, d’humiliation et de vente de la mosquée Al-aqsa ».

Le Conseil saoudien des oulémas avait déclaré, mardi, dans un communiqué que « les Frères musulmans sont un groupe terroriste qui ne représente en rien les valeurs de l’Islam (..), déviant qui sape la coexistence au sein des nations et déchaîne la sédition, la violence et le terrorisme.

Et de juger que « les Frères n’ont jamais montré de respect pour la croyance islamique ou les connaissances contenues dans le Coran ou la Sunna, leur seul objectif a été de prendre les rênes du pouvoir, assurent les savants de la Charia.

Le Conseil des oulémas de l'Arabie Saoudite n’a pas signalé les raisons de la publication du communiqué.

Le porte-parole des Frères musulmans, Talaat Fahmy, a répliqué au communiqué saoudien dans une déclaration à l’agence Anadolu que sa Confrérie est « réformiste et non-terroriste ».

Talaat Fahmy a également ajouté que la Confrérie « rejette toutes les accusations du Conseil des oulémas, que ses valeurs sont basées sur le livre de Dieu et de la Sunna sans exagération ni extrémisme et son histoire en est témoin ».

Le ministère saoudien de la Défense avait inscrit, en mars 2014, les Frères musulmans sur sa liste des organisations terroristes, comme appui à la position du Régime égyptien à l’époque, qui avait qualifié les Frères musulmans de groupe terroriste, quelques mois après la chute du président décédé appartenant à la Confrérie, Mohamed Morsi.


*Traduit de l'arabe par Hend Abdessamad.

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