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Le chef de la diplomatie iranienne exclut toute négociation avec les États-Unis après une « expérience très amère »

- « Je ne pense pas que la question de discuter ou de négocier à nouveau avec les Américains soit sur la table », déclare Abbas Araghchi à PBS News

Merve Gül Aydoğan Ağlarcı  | 10.03.2026 - Mıse À Jour : 10.03.2026
Le chef de la diplomatie iranienne exclut toute négociation avec les États-Unis après une « expérience très amère »

Ontario

AA / Hamilton, Canada / Merve Aydogan

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a écarté lundi, toute possibilité de négociation avec les États-Unis après une « expérience très amère ».

Lors d’une interview accordée à PBS News, Araghchi a été interrogé sur la question de savoir si le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, serait ouvert à des pourparlers ou à un cessez-le-feu. Il a répondu : « Il est trop tôt pour qu’il fasse le moindre commentaire. »

« Mais je ne pense pas que la question de discuter ou de négocier à nouveau avec les Américains soit sur la table, car, vous savez, nous avons vécu une expérience très amère avec eux », a-t-il précisé, en faisant référence à la guerre de 12 jours en juin dernier, lorsque les armées israélienne et américaine avaient ciblé des installations nucléaires iraniennes alors que des discussions avaient lieu entre Téhéran et Washington.

Évoquant le dernier cycle de négociations nucléaires américano-iraniennes conclu fin février à Genève, où les deux parties avaient décrit l’atmosphère comme sérieuse et constructive sous médiation omanaise, Araghchi a déclaré : « Mais encore une fois, après trois rounds de négociation, et après que l’équipe américaine ait elle-même reconnu de grands progrès, ils ont quand même décidé de nous attaquer. »

« Donc je ne pense pas que discuter avec les Américains figure encore à notre agenda », a-t-il ajouté.

Il a également confirmé que le choix du jeune Khamenei constitue une « continuité » de la défiance envers les États-Unis et Israël, tout en le qualifiant de « certaine forme de stabilité en même temps ».

Concernant les perturbations majeures dans le secteur pétrolier, le ministre iranien a assuré à PBS News : « Ce n’est pas notre faute. Ce n’est pas notre plan. »

Expliquant que la production et le transport du pétrole sont ralentis « à cause des attaques et de l’agression des Israéliens et des Américains contre nous », Araghchi a souligné que ces attaques « ont rendu toute la région instable ».

« C’est pourquoi les pétroliers et les navires ont peur de traverser le détroit d’Ormuz. », a-t-il affirmé, précisant qu’Iran n’avait pas fermé le détroit.

Araghchi a également accusé Israël et les États-Unis de rendre « toute la région insécurisée et instable ».

« Les conséquences sont énormes, non seulement pour nous, mais pour toute la région, et maintenant pour la communauté internationale », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la stratégie iranienne visant à limiter l’approvisionnement en pétrole par des attaques contre des installations pétrolières dans la région, il a affirmé que les actions de l’Iran sont uniquement défensives.

« Nous faisons face à un acte d’agression, absolument illégal, et ce que nous faisons relève de la légitime défense, ce qui est légal et légitime », a-t-il expliqué.

Précisant que Téhéran avait « déjà averti tout le monde dans la région », il a ajouté : « Si les États-Unis nous attaquent, puisque nous ne pouvons pas atteindre le sol américain, nous devons attaquer leurs bases dans la région, leurs installations, leurs infrastructures, leurs actifs. »

« Et par conséquent, la guerre se répandra dans toute la région », a-t-il conclu, ajoutant : « Nous n’en sommes pas responsables. »

* Traduit de l'anglais par Adama Bamba

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