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Le chef de l’opposition israélienne met en garde contre un «désastre sécuritaire» : «Tsahal est poussée à bout (...)»

- L’armée israélienne manquerait d’au moins 15 000 soldats, tandis que Yaïr Lapid évoque un « désastre sécuritaire » et une armée « poussée au-delà de ses limites »

Adama Bamba  | 29.03.2026 - Mıse À Jour : 29.03.2026
Le chef de l’opposition israélienne met en garde contre un «désastre sécuritaire» : «Tsahal est poussée à bout (...)»

Istanbul

AA / Istanbul / Adama Bamba

L’armée israélienne fait face à une grave pénurie d’effectifs alors qu’elle est engagée simultanément sur plusieurs fronts, une situation qui alimente les inquiétudes croissantes au sein de la classe politique et de l’appareil sécuritaire, rapporte le média français Le Parisien.

Selon des informations relayées par la même source, il manquerait actuellement au moins 15 000 soldats à Tsahal, dont environ 7 000 combattants, pour soutenir le rythme des guerres en cours. L’armée est déployée sur plusieurs théâtres, notamment en Iran, au Liban, dans la bande de Gaza, en Syrie et en Cisjordanie.

Dans ce contexte, le chef d’état-major, Eyal Zamir, aurait tiré la sonnette d’alarme devant le cabinet de sécurité, évoquant un risque d’« effondrement interne » de l’armée, selon des propos rapportés par les médias israéliens. Cette mise en garde, au ton inhabituellement direct, a provoqué un choc et suscité un vif débat dans le pays.

De son côté, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a accusé jeudi le gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou de conduire Israël vers un « désastre sécuritaire », rapporte Le Figaro .

« Nos pilotes, nos combattants écrivent en ce moment même des chapitres glorieux de l’histoire de l’État d’Israël (…) Mais Tsahal est poussée à bout, au-delà de ses limites », a-t-il déclaré, dénonçant une armée « blessée, abandonnée sur le champ de bataille ».

Selon lui, l’exécutif « envoie l’armée combattre une guerre sur plusieurs fronts sans stratégie, sans les moyens nécessaires et avec beaucoup trop peu de soldats », alors même que le conflit s’intensifie au Moyen-Orient depuis octobre 2023 et les récentes opérations menées avec les États-Unis contre l’Iran.

Reprenant les propos attribués au général Zamir, Lapid a affirmé que l’armée était « au bord de l’effondrement », mettant en avant l’épuisement des réservistes, dont certains en seraient à leur « sixième ou septième rotation ». « Ces réservistes sont exténués et ne peuvent plus répondre aux défis sécuritaires », a-t-il insisté, soulignant que les effectifs actuels sont insuffisants pour remplir l’ensemble des missions.

L’armée israélienne a elle-même reconnu, par la voix de son porte-parole, le général de brigade Effie Defrin, avoir besoin de « forces supplémentaires », en particulier sur le front libanais, mais aussi pour assurer l’ensemble de ses opérations.

Face à cette situation, Yaïr Lapid a appelé à une réforme immédiate du service militaire, notamment à la conscription des juifs ultra-orthodoxes, largement exemptés depuis la création de l’État d’Israël en 1948. Il a exhorté le gouvernement à « cesser d’être lâche » et à mettre fin aux exemptions, allant jusqu’à demander l’intervention de la police militaire contre les réfractaires.

Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, ces avertissements mettent en lumière les limites humaines et logistiques de l’armée israélienne.

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