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Le chef de l’AIE affirme que la crise énergétique actuelle est pire que les chocs pétroliers passés

- Fatih Birol évoque des pertes d’approvisionnement plus importantes et prévient que les pénuries s’aggraveront en avril

Gökhan Ergöçün  | 01.04.2026 - Mıse À Jour : 01.04.2026
Le chef de l’AIE affirme que la crise énergétique actuelle est pire que les chocs pétroliers passés

Istanbul

AA / Paris / Ümit Dönmez

La crise énergétique mondiale actuelle est plus grave que les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ainsi que que la pénurie de gaz de 2022 liée à la guerre de la Russie en Ukraine, a déclaré mercredi le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol.

S’exprimant dans un podcast, Fatih Birol a indiqué que les pertes d’approvisionnement mondiales atteignent désormais environ 12 millions de barils par jour, contre environ 5 millions de barils par jour lors de chacune des crises de 1973 et 1979.

Il a ajouté que, tandis que l’approvisionnement mondial en gaz avait diminué d’environ 75 milliards de mètres cubes en 2022, le déficit actuel est encore plus important.

« Avril sera bien pire que mars », a déclaré Birol, notant que certaines livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié en provenance du Moyen-Orient étaient encore disponibles le mois dernier. « Mais en avril, il n’y a rien. »

Birol a indiqué que l’AIE a décidé de libérer 400 millions de barils de réserves stratégiques de pétrole, qualifiant cette décision de la plus importante jamais prise.

« Mais je dois être très honnête, cela aide seulement à réduire la douleur. Ce ne sera pas un remède », a-t-il déclaré. « Le remède est la réouverture du détroit d’Ormuz. »

Il a décrit la réouverture du détroit comme l’enjeu le plus important, estimant que les mesures actuelles ne font que gagner du temps.

La crise a jusqu’à présent frappé plus durement l’Asie, mais devrait s’étendre à l’Europe et au-delà, a-t-il indiqué.

« Le plus grand problème aujourd’hui est le manque de carburant aviation et de diesel », a-t-il précisé, ajoutant que des pénuries sont déjà visibles en Asie et devraient atteindre l’Europe en avril ou début mai.

Il a expliqué que les acheteurs asiatiques, incapables de sécuriser du GNL en provenance du Moyen-Orient, se tournent vers les marchés au comptant où l’Europe s’approvisionne habituellement en gaz, ce qui intensifie la concurrence et fait grimper les prix.

« Étant donné que les prix de l’électricité en Europe sont basés sur le coût marginal du gaz naturel, les prix de l’électricité vont augmenter », a-t-il conclu.


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