Le Charles-de-Gaulle redéployé vers la Méditerranée orientale, une soixantaine de navires français bloqués dans le Golfe
- Le porte-avions interrompt sa mission en mer Baltique tandis que les armateurs reçoivent l’ordre de ne pas quitter le détroit d’Ormuz, fortement perturbé
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le porte-avions français à propulsion nucléaire Charles-de-Gaulle et les bâtiments de son groupe aéronaval ont interrompu leur déploiement en mer Baltique pour être redéployés vers la Méditerranée orientale, dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient, ont indiqué dimanche des médias français.
Ce mouvement intervient alors qu’une soixantaine de navires battant pavillon français ou appartenant à des compagnies françaises sont actuellement immobilisés dans le golfe Persique, selon le président d’Armateurs de France, Édouard Louis-Dreyfus.
« Nous avons une soixantaine de nos navires bloqués (…). Instruction a été donnée de ne pas bouger et de ne pas tenter de sortir du détroit », a-t-il déclaré sur France Inter, précisant que ces bâtiments avaient franchi le détroit d’Ormuz avant d’être contraints à l’immobilisation.
Le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique situé entre l’Iran et Oman et reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, constitue un axe majeur du commerce mondial d’hydrocarbures. Le trafic y est fortement perturbé depuis les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran et les représailles iraniennes.
Selon Édouard Louis-Dreyfus, les consignes adressées aux navires français consistent à rester à l’abri dans des ports de la région ou à se tenir à distance des zones les plus exposées. Il a indiqué que les équipages étaient en sécurité.
Par ailleurs, le Centre de sécurité maritime d’Oman a fait état de quatre blessés lors d’une attaque contre un pétrolier battant pavillon des Palaos au nord du port de Khasab, dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a confirmé avoir visé un navire accusé d’avoir tenté de franchir le détroit malgré les restrictions annoncées.
Des médias iraniens ont rapporté samedi que le détroit d’Ormuz avait été « effectivement » fermé ou fortement restreint à la navigation, accentuant les tensions sur ce corridor énergétique stratégique.
