Le changement climatique avance la période de reproduction des manchots antarctiques jusqu'à deux semaines
- Une étude révèle le changement de calendrier de reproduction le plus rapide jamais enregistré chez les oiseaux
Istanbul
AA / Istanbul / Asiye Latife Yilmaz
Les manchots de l'Antarctique entament leur saison de reproduction environ deux semaines plus tôt en raison du changement climatique, ce qui représente le plus grand décalage temporel jamais enregistré, selon une étude publiée mardi.
Publiée dans le Journal of Animal Ecology, cette étude a analysé les cycles de reproduction des manchots Adélie, à jugulaire et papou de 2012 à 2022, en utilisant la date de première occupation continue des colonies comme indicateur clé.
Les chercheurs estiment que le changement climatique risque de créer des « gagnants et des perdants », le réchauffement climatique favorisant les espèces les plus adaptables, comme le manchot papou, par rapport au manchot à jugulaire, dépendant du krill, et au manchot Adélie, dépendant de la glace.
L'analyse s'appuie sur les données de 77 caméras à intervalle de temps installées dans 37 colonies en Antarctique et dans les îles subantarctiques. Elle révèle des avancées record dans le calendrier de reproduction des trois espèces, notamment chez le manchot papou, qui a commencé à se reproduire en moyenne 13 jours plus tôt par décennie, et jusqu'à 24 jours plus tôt dans certaines colonies.
Les chercheurs affirment qu'il s'agit du décalage phénologique le plus rapide jamais observé chez une espèce d'oiseau, et peut-être même chez un vertébré.
Les manchots Adélie et à jugulaire ont également commencé à se reproduire environ dix jours plus tôt en moyenne. Cependant, les scientifiques précisent que les causes exactes de ce phénomène restent floues, évoquant notamment la hausse des températures, la fonte des glaces et des neiges plus précoce, ainsi que la prolifération précoce du phytoplancton.
L'étude révèle également que les sites de reproduction des manchots se réchauffent environ quatre fois plus vite que la moyenne antarctique, ce qui en fait l'un des habitats les plus rapidement réchauffés de la planète.
Les manchots jouent un rôle crucial dans les réseaux trophiques antarctiques en transportant les nutriments des profondeurs vers la surface, favorisant ainsi la croissance des algues et la productivité globale de l'écosystème. Les scientifiques mettent en garde contre les conséquences en cascade que pourrait avoir le déclin des populations de manchots sur l'ensemble de l'écosystème antarctique.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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