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Le Burundi mise désormais sur le thé vert

Ouverture d'une nouvelle usine de production de thé vert à Cibitoke, 80 km à l'ouest de Bujumbura

Esma Ben Said   | 03.01.2018
Le Burundi mise désormais sur le thé vert

Burundi

AA / Bujumbura / Jean Bosco

Le Burundi vient de se doter de sa première usine de production de thé vert. Elle est située à Buhoro, dans la province de Cibitoke (80 km de Bujumbura vers l’Ouest).

L’entrée en production a été officiellement lancée le 19 décembre 2017 par Joseph Butore, deuxième vice-président du Burundi.

Par l’ouverture de cette nouvelle usine, Bujumbura veut pallier la mévente du thé noir et mise surtout sur cette variété de thé, car elle est très prisée sur le marché, notamment pour ses vertus médicinales.

Il s’agit d’une véritable innovation pour l’Office du thé du Burundi (OTB), car depuis plus d’une quarantaine d’années, le pays produit et commercialise uniquement du thé noir qui génère plus de 20% des recettes en devises.

«L’OTB doit s’adapter au marché pour survivre, c’est pourquoi nous avons pris l’option d’introduire la production du thé vert, très apprécié pour ses vertus médicinales», a déclaré à Anadolu Jacques Bigirimana, directeur général de l’Office du thé du Burundi (OTB), unique structure publique de coordination de la culture et de l’exportation du thé.

«Avec l’introduction du thé vert, nous allons diversifier l’offre et, par conséquent, la clientèle», a-t-il déclaré.

- Cette innovation ne touche pas les théiculteurs

«Les théiculteurs burundais vont continuer à entretenir les théiers, cueillir les feuilles vertes et les acheminer vers l’usine la plus proche comme ils l’ont toujours fait. C’est au niveau de l’usinage que se décidera le type de thé à produire», a expliqué à Anadolu Joseph Ndikuriyo, encadreur des théiculteurs près de l’usine à thé de Jenda (35 km de Bujumbura vers le Centre-est).

Selon les ingénieurs agronomes de l’Office burundais du thé (OTB), les deux espèces diffèrent par leur niveau d’oxydation.

«Le thé noir est complètement oxydé et plus chargé en théine que le thé vert», a expliqué à Anadolu Jérémie Nahayo, ingénieur agronome à l’OTB. C’est grâce à l’oxydation complète, a-t-il poursuivi, que le thé noir peut être conservé pendant plusieurs années, contre un an au maximum pour le vert.

«Ce nouveau produit est, certes, introduit pour faire face à l'éventualité potentielle de mévente du thé noir ; mais aussi parce qu’il s’agit d’un produit très utile pour la santé», a déclaré à la presse le deuxième vice-président du Burundi lors du lancement du thé vert à l’usine de Buhoro.

Le thé vert est notamment fort apprécié en Asie. De nombreuses sources rapportent que le thé vert est consommé depuis des siècles en Chine et au Japon, et ce, presque exclusivement pour ses propriétés médicinales.

Depuis quelques années, la production du thé a augmenté crescendo au Burundi, passant de 8.648 tonnes en 2012 à 10.873 en 2016. Selon les responsables de l'OTB, pour cette année 2017, la production du thé en feuilles vertes est estimée à 53.188 tonnes, alors que la production du thé sec, pourrait frôler les 11.211 tonnes.

Sur recommandations de ses partenaires financiers, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale(BM) qui prônent la libéralisation des filières agricoles, le Burundi a, depuis 2007, libéralisé la filière Thé.

Des investisseurs privés ont alors profité de cette ouverture pour monter la première usine de thé, Prothem, dans la province de Mwaro (80 km de Bujumbura vers le Centre-est). Elle est opérationnelle depuis cinq ans et produit autour de 4 tonnes de thé sec par an.

Qu’il soit produit par la société privée ou par l’OTB, une bonne partie (90%) du thé burundais est vendue aux enchères à Mombassa (Kenya). Le reste est cédé par vente directe ou écoulé sur le marché local.

Selon le directeur général de l’OTB, les enchères de Mombassa sont réalisées auprès de quelques clients européens.

Le Rwanda, voisin, qui dispose d’un territoire assez similaire (climat/superficie) a fortement développé sa production et produit actuellement plus de 20 000 tonnes par an.

Reste que les deux pays sont encore bien loin du Kenya, de la même région, qui assure 1/5è de la production mondiale, avec plus de 300 000 tonnes par an.

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