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L'administration Trump au service des intérêts d'Israël

- Sous l’impulsion de Jared Kushner, son gendre d’origine juive, qui est aussi son conseiller, Donald Trump a accepté toutes les demandes d’Israël, sans se soucier des équilibres de la région.

Mustafa Deveci,Tuncay Çakmak   | 19.11.2019
L'administration Trump au service des intérêts d'Israël

Quds

AA - Jérusalem

L’administration américaine, du président Donald Trump, persiste à prendre des décisions favorables à Israël, diminuant toujours plus la possibilité de trouver une solution au conflit palestino-israélien basée sur deux états.

Avant même d’être élu, Trump avait su, lors de la campagne, s’assurer du soutien des lobbies pro-israéliens.

Une fois aux commandes, le président américain a pris plusieurs décisions critiques favorables à Israël.

Sous l’impulsion de Jared Kushner, son gendre d’origine juive, qui est aussi son conseiller, Donald Trump a accepté toutes les demandes d’Israël, sans se soucier des équilibres de la région.

En moins de 3 ans, depuis son élection, Donald Trump a totalement ignoré le droit international, pour se mettre au service des intérêts de Tel Aviv.

- La reconnaissance de Jérusalem comme "capitale d’Israël" :

Dans ses prises de décisions concernant le conflit israélo-palestinien, Trump a toujours suivi ses proches pro-israéliens.

L’Ambassadeur David Friedman, qu’il a nommé à Tel Aviv, son conseiller Kushner et son ancien Représentant spécial au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, arrivent en tête des personnes influentes sur ce sujet.

C’est en décidant, le 6 décembre 2017, de reconnaître Jérusalem comme la "capitale d’Israël", ignorant le droit international, que Donald Trump a démontré sa position en faveur d’Israël. Jusqu’alors, aucun président américain n’avait franchi le pas en reconnaissant la totalité de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le Congrès américain reconnaît, depuis 1995, Jérusalem "capitale d’Israël", mais tous les présidents américains, avant Trump, avaient maintenu l’ambassade américaine à Tel Aviv.

- Le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien :

Sans fléchir sur sa position pro-Tel Aviv, le président Trump s’est aussi retiré, de manière unilatérale en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, accord qu’Israël dénonce. Cet accord avait été conclu en 2015 entre Téhéran, Berlin et les capitales des 5 pays permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Chine).

Washington a ensuite imposé de nouvelles sanctions à l’Iran, jusqu’à désigner, en avril dernier, les "Gardiens de la révolution Iranienne" comme une organisation terroriste.

- Le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem :

Suite à la décision de Donald Trump sur Jérusalem, datant du 6 décembre 2017, l’ambassade des Etats-Unis a été transférée de Tel Aviv à Jérusalem, le 14 mai 2018, date anniversaire de l’"indépendance d’Israël".

Sa fille, Ivanka Trump, et son gendre, Kushner, ont représenté les Etats-Unis lors de la cérémonie à Jérusalem. Dans le même temps, les soldats israéliens tuaient 60 Palestiniens qui manifestaient dans la Bande de Gaza contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

- Le chantage financier à la Palestine :

Par ailleurs, toujours dans le souhait de soutenir l’état israélien, l’administration Trump applique, en quelques sortes, un chantage financier à la Palestine.

Washington a annoncé le 31 août 2018 la fin des aides financières américaines à l’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA).

Trump avait déclaré à ce sujet, le 6 septembre 2018, que cette aide sera interrompue jusqu’à ce que les Palestiniens acceptent de participer aux pourparlers de paix avec Israël, sous la médiation des Etats-Unis.

Deux jours plus tard, une aide de plus de 20 millions de dollars aux hôpitaux palestiniens de Jérusalem-Est a également été annulée.

Dans le même état d’esprit, le projet préparé par l’administration Trump pour une solution au conflit, appelé "Accord du siècle", place les aides financières au centre du projet pour faire fléchir les Palestiniens.

- La fermeture du Bureau de l’OLP :

A la demande des autorités israéliennes, et pour sanctionner les Palestiniens qui refusent de discuter de "l’accord du Siècle", Donald Trump a décidé, le 10 septembre 2018, la fermeture du bureau de représentation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à Washington.

- La reconnaissance de l’annexion du Golan :

Après le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, Trump a pris une deuxième décision scandaleuse : celle de reconnaître l’annexion par Israël du Plateau du Golan, territoire syrien occupé illégalement depuis 1967.

C’est le 25 mars dernier, lors de la visite du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Washington, que Trump a signé le décret en question.

- Le dernier cadeau américain à Israël, les colonies illégales :

La dernière faveur accordée par Trump à Israël concerne les colonies illégales sur les territoires palestiniens.

Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, avait annoncé, lundi, que les colonies israéliennes en Cisjordanie ne seraient plus considérées comme illégales.

Environ 400 000 Juifs israéliens vivent actuellement dans près de 250 colonies construites depuis 1967, en Cisjordanie occupée.

Les Palestiniens revendiquent ces territoires, avec la Bande de Gaza, pour la création d’un futur État palestinien.

Le droit international considère à la fois la Cisjordanie et Jérusalem-Est comme des territoires occupés et considère toute activité de construction de colonies juives comme illégale.

Avec cette nouvelle décision, Washington ouvre la voie à une annexion de ces territoires occupés par Israël.

Il s’agit d’ailleurs d’une des principales promesses faites par Netanyahu lors de la campagne qui a précédé les élections législatives du 17 septembre dernier.

Toutes ces décisions de l’administration Trump en faveur de l’Etat israélien compromettent les dernières chances d’une solution à deux états.

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