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La présidente mexicaine condamne l’intervention militaire américaine au Venezuela

- Claudia Sheinbaum écarte toute possibilité d’une intervention similaire sur le territoire mexicain

Jorge Antonio Gonzalez Rocha  | 06.01.2026 - Mıse À Jour : 06.01.2026
La présidente mexicaine condamne l’intervention militaire américaine au Venezuela

Washington DC

AA / Mexico / Jorge Antonio Rocha

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a condamné l’intervention militaire américaine au Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro, rejetant fermement toute forme d’ingérence étrangère en Amérique latine et écartant l’hypothèse d’une action similaire sur le territoire mexicain.

Lors de sa conférence de presse matinale de lundi, la cheffe de l’État a rappelé que le Mexique s’oppose catégoriquement à toute intervention extérieure, une position fondée, selon elle, à la fois sur la Constitution mexicaine et sur la Charte des Nations unies. « Nous rejetons sans équivoque toute intervention dans les affaires intérieures d’autres pays. L’histoire de l’Amérique latine est claire : l’ingérence n’a jamais apporté la démocratie, ni le bien-être, ni une stabilité durable », a-t-elle déclaré.

Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés après que le président américain Donald Trump a ordonné samedi des frappes aériennes sur plusieurs sites de la capitale vénézuélienne, Caracas, qui auraient fait au moins 80 morts confirmés.

Le ministre mexicain des affaires étrangères, Juan Ramón de la Fuente, a également critiqué l’action de l’administration Trump, dénonçant le rôle qu’il juge passif des Nations unies face à ce qu’il qualifie d’actes unilatéraux et violents contre un État souverain. « L’ONU demeure notre principale structure multilatérale, et la meilleure dont nous disposions. Mais elle s’est malheureusement révélée aujourd’hui inefficace pour contenir les abus des puissances hégémoniques », a-t-il affirmé, regrettant l’incapacité de l’organisation à faire respecter le droit international.

Peu après l’intervention américaine au Venezuela, Donald Trump a évoqué d’autres pays d’Amérique latine comme cibles potentielles d’actions américaines, citant notamment le Mexique et la Colombie, qu’il accuse d’être des plaques tournantes du trafic international de drogue. À propos du Mexique, il a affirmé que Claudia Sheinbaum serait « terrorisée » par les cartels, qu’il présente comme les véritables détenteurs du pouvoir, laissant entendre la possibilité d’une intervention militaire.

La présidente mexicaine a balayé ces hypothèses, affirmant ne pas croire à un scénario d’invasion. « Je ne crois pas à une intervention militaire. Je ne pense pas que ce soit quelque chose de réellement envisagé », a-t-elle déclaré, rappelant que Donald Trump avait à plusieurs reprises suggéré une entrée de l’armée américaine au Mexique, une option que son gouvernement a toujours rejetée. « Nous avons dit non, très fermement. D’abord parce que nous défendons notre souveraineté, et ensuite parce que ce n’est pas nécessaire », a-t-elle conclu.

*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore

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