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La mort d’un soldat français en Irak ravive les inquiétudes sécuritaires pour Paris

- L’adjudant-chef Arnaud Frion, a été tué lors d’une attaque de drone ayant visé une base où des militaires français participaient à des missions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès des forces armées irakiennes

Wafae El Baghouani  | 13.03.2026 - Mıse À Jour : 13.03.2026
La mort d’un soldat français en Irak ravive les inquiétudes sécuritaires pour Paris

Istanbul

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

La mort d’un soldat français près d’Erbil, dans le nord de l’Irak, a suscité vendredi une vive émotion en France, tandis que les autorités et plusieurs médias évoquent un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant pour les forces françaises déployées au Moyen-Orient.

L’adjudant-chef Arnaud Frion, membre du 7ème bataillon de chasseurs alpins (7ème BCA) de Varces, a été tué lors d’une attaque de drone ayant visé une base où des militaires français participaient à des missions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès des forces armées irakiennes.

Le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du 7ème BCA, a indiqué vendredi que le sous-officier avait été tué « par un drone Shahed », utilisé massivement par l’Iran depuis le début de l’offensive régionale. Il a rendu hommage à « un excellent soldat », « ultra compétent », doté d’« une vraie humilité ».

Selon le ministère français des Armées, six autres militaires blessés lors de l’attaque sont toujours hospitalisés et leur rapatriement vers la France est en cours. Le ministère a précisé que les soldats touchés ont été immédiatement pris en charge par les équipes médicales après la frappe.

Dans un message publié sur le réseau social américain​​​​​​​ X, le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, a fait part de sa « profonde émotion » après l’annonce du décès. « Les armées françaises s’inclinent devant sa mémoire et son engagement », a-t-il déclaré, en adressant également ses pensées à la famille du soldat, à ses proches et à ses frères d’armes.

Le président français Emmanuel Macron a condamné une attaque « inacceptable », affirmant que « la guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques ». Plusieurs responsables français, dont la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ont également salué la mémoire du militaire, évoquant un « deuil » et une « émotion nationale ».

Les autorités françaises ont insisté sur le fait que la France « n’est pas partie prenante de ce conflit ». La ministre déléguée Aurore Bergé a rappelé que les soldats français présents en Irak sont engagés dans des missions de lutte contre le terrorisme, et non dans une guerre contre l’Iran.

Selon plusieurs médias français, cette attaque relance les interrogations sur la sécurité des forces françaises déployées dans la région. La chaîne BFMTV a notamment souligné que les milices pro-iraniennes opérant en Irak multiplient les menaces contre les intérêts occidentaux.

Le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a ainsi annoncé dans la nuit prendre pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région », après le déploiement du porte-avions français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. Plusieurs médias français présentent cette milice chiite irakienne comme l’un des principaux suspects dans l’attaque contre la base accueillant les militaires français.

La mort d’Arnaud Frion intervient alors que l’escalade militaire régionale se poursuit. Vendredi matin, de nouvelles frappes israéliennes ont visé Téhéran, tandis que les autorités turques ont annoncé qu’un troisième missile tiré depuis l’Iran avait été détruit par l’Otan dans l’espace aérien turc.

Paris maintient toutefois que sa présence militaire en Irak s’inscrit exclusivement dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe terroriste Daech, avec des missions centrées sur la formation, l’appui et le soutien aux forces locales.

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