La France envisage des discussions avec la Russie pour rétablir la « stabilité stratégique », mais pas dans l'immédiat
- Interrogé sur les relations économiques avec Pékin, Barrot a estimé que les performances économiques chinoises « spectaculaires » depuis la pandémie de Covid-19 constituaient « un choc » pour l’industrie et l’emploi en Europe
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a abordé samedi à Munich la guerre en Ukraine, l’évolution de la sécurité européenne, la réforme des Nations unies et les relations avec la Chine, à l’issue d’une réunion des chefs de diplomatie du G7.
- Ukraine et sanctions
Le chef de la diplomatie française a indiqué que les pays du G7 poursuivaient leur coordination afin d’exercer une pression sur la Russie et de soutenir la résilience énergétique de l’Ukraine.
Il s'est dit « raisonnablement optimiste » quant à l’inclusion d’une interdiction des services maritimes liés au transport de pétrole russe dans le 20ème paquet de sanctions actuellement en préparation.
Concernant d’éventuels contacts avec Moscou, il a estimé que les Européens devaient être impliqués dans les discussions, affirmant qu’« il ne peut y avoir de paix sans les Européens, ni levée de sanctions, ni financement de la reconstruction ».
Interrogé sur la possibilité d'un contact avec le Kremlin, Jean-Noël Barrot a refusé de s'engager sur un calendrier, affirmant que cet échange interviendrait « au moment où il sera utile ».
Le ministre a toutefois tenu à placer les efforts de défense actuels dans une perspective de long terme. « Nous ne devons pas envisager notre avenir comme une augmentation illimitée de nos dépenses militaires », a-t-il souligné. Pour Paris, l'objectif reste de « rétablir la stabilité stratégique » sur le continent européen, une étape qui « nécessitera évidemment des discussions avec la Russie ».
- Architecture de sécurité et OTAN
Évoquant la sécurité européenne, Barrot a déclaré que l’évolution de l’engagement américain constituait « une incitation à développer une vision et une capacité européennes au sein de l’Alliance », estimant qu’il s’agissait « d’une manière d’européaniser l’OTAN dans un certain sens » tout en gardant une coordination étroite avec Washington.
Il a ajouté que les alliés s’étaient engagés à porter leurs dépenses de défense à 3,5 % du PIB d’ici 2035, précisant que cet effort devait permettre d’atteindre une « parité » stratégique avant d’engager ultérieurement des discussions visant à restaurer une stabilité stratégique sur le continent.
- Réforme des Nations unies
Barrot a indiqué que les membres du G7, ainsi que l’Inde, considéraient qu’une réforme de l’ONU était nécessaire. Il a rappelé que la France soutenait l’élargissement du Conseil de sécurité à l’Allemagne, au Brésil, à l’Inde, au Japon et à deux pays africains en tant que membres permanents du Conseil.
Il a également évoqué la possibilité de présenter, si les conditions sont réunies, un texte visant à limiter l’usage du droit de veto en cas d’atrocités de masse d’ici la fin de l’année.
- Relations avec la Chine
Interrogé sur les relations économiques avec Pékin, Barrot a estimé que les performances économiques chinoises « spectaculaires » depuis la pandémie de Covid-19 constituaient « un choc » pour l’industrie et l’emploi en Europe.
Il a appelé à établir avec la Chine des partenariats « respectueux », fondés notamment sur l’ouverture du marché chinois et la coopération économique, tout en affirmant que les Européens devraient, à défaut, protéger leurs « intérêts essentiels ».
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