La France déconseille formellement les déplacements en Iran et appelle ses ressortissants à quitter le pays
- Paris invoque un risque de détention arbitraire et une dégradation des communications en Iran, où les autorités assurent avoir coupé Internet pour contrer des « opérations terroristes » liées aux manifestations
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a rappelé qu’il est « formellement déconseillé aux ressortissants français de se rendre en Iran », en raison notamment d’un risque de « détention arbitraire », et a recommandé aux Français qui y résident et en ont la possibilité de « quitter temporairement le pays ».
Dans un message publié sur le réseau social américain X, le ministère précise que, pour les ressortissants de passage, il est recommandé de quitter « immédiatement » le territoire iranien. Pour ceux qui seraient contraints d’y demeurer, les autorités françaises appellent à éviter « tout rassemblement et manifestation », à ne « prendre aucune photo ni vidéo », et à « éviter impérativement tout déplacement de nuit », en observant en journée « la plus grande vigilance » et en conservant une copie de leurs papiers d’identité.
Le Quai d’Orsay indique par ailleurs qu’« à ce jour, seule la téléphonie mobile de numéro iranien à numéro iranien fonctionne », ajoutant que le réseau téléphonique iranien n’est pas joignable depuis l’étranger et que l’accès à Internet ne fonctionne pas dans le pays.
De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a affirmé que la coupure d’Internet avait été décidée en raison d’« opérations terroristes » pendant les manifestations, dont « les ordres venaient de l’étranger ». Il s’exprimait sur la chaîne Al-Jazeera, alors que des organisations de défense des droits humains accusent les autorités iraniennes d’avoir restreint les communications pour dissimuler la répression.
Selon l’ONG Iran Human Rights, le mouvement de protestation, déclenché le 28 décembre sur fond de crise économique et désormais dirigé contre le pouvoir, a fait au moins 648 morts et donné lieu à environ 10 000 arrestations. L’organisation évoque également des informations non confirmées faisant état d’un bilan potentiellement bien plus élevé. La coupure totale d’Internet, imposée depuis le 8 janvier, complique la vérification des informations sur le terrain.
Selon l’ONG américaine de défense des droits humains HRANA, à ce stade, 646 personnes ont été tuées dans le cadre des manifestations. Ce bilan comprend 505 manifestants, dont neuf enfants, 133 membres des forces militaires et de l’ordre, un procureur ainsi que sept civils ne prenant pas part aux manifestations. Par ailleurs, 579 autres cas de décès signalés sont encore en cours d’examen.
