La Finlande saisit un navire soupçonné d’avoir endommagé un câble sous-marin, l’UE en état de vigilance
- «L'UE continuerait de fortifier ses infrastructures, notamment en agissant contre « la flotte fantôme de Moscou, qui agit également comme une rampe de lancement pour des attaques hybrides », affirme la Haute représentante de l'Union européenne
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Les autorités finlandaises ont annoncé mercredi avoir pris le contrôle d'un navire et placé en garde à vue ses 14 membres d'équipage, soupçonnés d'avoir endommagé un câble de télécommunications sous-marin reliant la Finlande à l'Estonie, a rapporté l’agence de presse YLE. L’affaire a suscité jeudi une réaction des dirigeants de l'Union européenne, qui appellent au renforcement de la surveillance des infrastructures critiques en mer Baltique.
Le navire, identifié comme le Fitburg, a été intercepté lors d'une opération conjointe menée par la police et les garde-côtes finlandais. Il a été localisé par le patrouilleur Turva, appuyé par un hélicoptère, dans la zone économique exclusive (ZEE) de la Finlande, peu après la détection d'une avarie sur le câble de données reliant Helsinki à Tallinn.
Selon les précisions apportées par la police et les garde-côtes lors d'une conférence de presse, les 14 membres d'équipage interpellés sont des ressortissants russes, géorgiens, kazakhs et azerbaïdjanais. Une enquête a été ouverte pour « dommages aggravés » et « interférence aggravée avec les télécommunications », en coordination avec le bureau du Procureur général.
- Inquiétudes dans un contexte que l’UE qualifie de « menaces hybrides »
Si l'enquête doit encore déterminer la nature exacte de l'incident, celui-ci a immédiatement pris une dimension diplomatique et sécuritaire. Jeudi, la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a félicité Helsinki pour son intervention.
« La mer Baltique a connu un schéma clair de perturbations depuis le début de la guerre menée par la Russie. L'infrastructure critique de l'Europe reste à haut risque de sabotage », a déclaré Kallas sur le réseau social américain X.
Elle a ajouté que l'UE continuerait de fortifier ses infrastructures, notamment en agissant contre « la flotte fantôme de Moscou, qui agit également comme une rampe de lancement pour des attaques hybrides ».
De son côté, le président du Conseil européen, Antonio Costa, a indiqué sur la même plateforme suivre « de près la situation », saluant une action « décisive et efficace » des autorités finlandaises pour « protéger les infrastructures critiques ».
- Coopération régionale
Bien que l'interception ait eu lieu dans les eaux finlandaises, la rupture du câble elle-même a été localisée dans la zone économique exclusive (ZEE) de l'Estonie, selon l'opérateur Elisa. Les gouvernements des deux pays ont activé leurs canaux de coopération, a affirmé le ministre estonien des Affaires étrangères Margus Tsahkna.
« Nos autorités travaillent en bonne coopération », a assuré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo sur X, après un entretien avec son homologue estonien Kristen Michal. Le président estonien Alar Karis a exprimé l'espoir qu'il ne s'agisse pas « d'un acte délibéré », tout en attendant les conclusions de l'enquête.
Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a tenu à préciser que la connectivité du pays restait « entièrement assurée » grâce à des câbles alternatifs.
