La cheffe de la diplomatie européenne affirme que le Conseil de sécurité de l'ONU « ne fonctionne pas comme prévu »
- Kaja Kallas appelle à une réforme du système multilatéral afin de mieux refléter les réalités géopolitiques actuelles tout en préservant l'égalité des États
Brussels Hoofdstedelijk Gewest
AA / Bruxelles / Melike Pala
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré vendredi que le Conseil de sécurité de l'ONU « ne fonctionne pas comme prévu », arguant que cet organe ne reflète pas les réalités du monde actuel et manque de mécanismes de responsabilisation efficaces.
S'exprimant lors d'une table ronde à la Conférence de Munich sur la sécurité, Kallas a affirmé que l'ordre mondial actuel devait être réformé afin de garantir qu'aucun pays ne soit au-dessus du droit international.
Elle a indiqué que les grandes crises internationales avaient historiquement favorisé le développement de la coopération internationale, mais a souligné que ce qui fait actuellement défaut, c'est la responsabilisation.
« Tout le monde adhère à la Charte des Nations Unies, les principes sont là. Mais que se passe-t-il si quelqu'un viole ces principes ? Le système de responsabilisation est manifestement défaillant », a déclaré Kallas.
« Le Conseil de sécurité (de l'ONU) ne fonctionne pas comme prévu. L'ONU ne reflète pas le monde tel qu'il est aujourd'hui », a-t-elle ajouté.
« Si nous réformons, nous devons tenir compte de la réalité mondiale actuelle, où tous les États sont égaux, et du principe selon lequel nul n'est au-dessus des lois », a déclaré Kallas, soulignant que même les pays les plus puissants doivent assumer les conséquences de leurs violations des règles convenues.
Interrogée sur les violations répétées du cessez-le-feu par Israël à Gaza et sur les instances qui le tiendront responsable, Kallas a réitéré son appel à une application égale du droit international.
Quant au « Conseil de la paix » pour Gaza, piloté par les États-Unis et lié à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, Kallas a fait remarquer que la résolution initiale prévoyait un mécanisme temporaire et la participation palestinienne, contrairement aux propositions actuelles.
Tout en reconnaissant que les États puissants ont souvent agi selon des règles différentes, elle a soutenu que c'est la coopération, et non la domination, qui garantit la force.
« Mais même dans la jungle, vous savez, les animaux coopèrent, et il est donc préférable de travailler avec les autres », a-t-elle déclaré.
Établissant une comparaison entre les grandes puissances, Kallas a souligné que lorsque la Russie mène une guerre, elle le fait en grande partie seule, faute d’alliés.
« Quand l'Amérique entre en guerre, vous savez, beaucoup d'entre nous l'accompagnent et nous perdons des hommes. Cela signifie donc que vous aussi, vous avez besoin de nous pour être cette superpuissance », a-t-elle ajouté.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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