L’UE propose une stratégie pour les petits réacteurs modulaires avec une garantie de 232 millions d'euros
« Ce fut une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos » à la technologie nucléaire, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui assiste à Paris à un sommet organisé pour la relance de la filière
Brussels Hoofdstedelijk Gewest
AA / Bruxelles / Melike Pala
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé mardi une nouvelle stratégie visant à accélérer le développement des petits réacteurs modulaires (PRM), avec pour objectif de rendre cette technologie opérationnelle à l’échelle européenne dès le début des années 2030.
Lors du Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris, von der Leyen a précisé que la Commission européenne mettra en place une garantie de 200 millions d’euros pour soutenir l’investissement privé dans les technologies nucléaires innovantes.
Ce financement sera assuré grâce aux revenus générés par le système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS) et vise à réduire les risques financiers pour les investisseurs tout en favorisant l’afflux de capitaux supplémentaires dans le secteur.
« Notre objectif est très simple : nous voulons que cette nouvelle technologie soit opérationnelle en Europe au début des années 2030 afin qu’elle puisse jouer un rôle clé aux côtés des réacteurs nucléaires traditionnels dans un système énergétique flexible, sûr et efficace », a déclaré von der Leyen.
La nouvelle stratégie pour les PRM vise également à renforcer la position de l’Europe dans la technologie nucléaire de nouvelle génération, que la présidente de la Commission estime pouvoir devenir un secteur d’exportation à forte valeur ajoutée pour la région.
Elle a appelé à une coopération renforcée entre les États membres de l’UE afin d’harmoniser les cadres réglementaires, d’accélérer les procédures d’autorisation et de développer les compétences nécessaires pour soutenir le secteur nucléaire.
Si l’énergie renouvelable produit une électricité parmi les moins coûteuses d’Europe, von der Leyen a souligné que sa production dépend des conditions climatiques et nécessite souvent des réseaux élargis, des capacités de stockage et une flexibilité de la demande.
« L’énergie nucléaire est fiable, elle fournit de l’électricité toute l’année, 24 heures sur 24 », a-t-elle déclaré, ajoutant que le système énergétique le plus efficace combine nucléaire et énergies renouvelables, soutenu par le stockage et des réseaux modernisés.
Von der Leyen a également rappelé qu’en 1990, l’Europe produisait environ un tiers de son électricité à partir du nucléaire, mais que cette part est depuis tombée à environ 15 %.
« Ce fut une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos à une source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions », a-t-elle affirmé.
Elle a averti que l’Europe n’est ni productrice de pétrole ni de gaz et reste entièrement dépendante d’importations de combustibles fossiles coûteux et volatils.
« Cela nous place dans une situation structurellement désavantageuse par rapport à d’autres régions, et la crise actuelle au Moyen-Orient rappelle cruellement la vulnérabilité que cela engendre », a souligné von der Leyen.
*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
