L’organisation terroriste YPG/FDS enrôle de force des enfants en Syrie : des mineurs témoignent à Anadolu
- Hüsam İbrahim Casim, 17 ans, recruté de force par le groupe : « Ils nous ont emmenés à Hassaké pour nous imposer un entraînement militaire. Ils ont pris nos empreintes sous la menace des armes.»
Ankara
AA / Hassaké / Muhammed Karabacar
Deux enfants syriens, enrôlés de force par le YPG/FDS puis libérés après les opérations de l’armée syrienne, ont affirmé que de nombreux autres mineurs, comme eux, étaient également détenus dans les camps de l’organisation terroriste.
Les opérations menées par l’armée syrienne contre le YPG/FDS ont remis sur le devant de la scène la question des enfants recrutés de force par l’organisation.
Par ailleurs, les images diffusées par le groupe au sujet de ses combattants tués lors des affrontements avec les forces syriennes ont révélé, une nouvelle fois, que le YPG/FDS enrôlait aussi un grand nombre d’enfants.
Parmi ces mineurs syriens recrutés de force, Bekir Feyiz Beleş et Hüsam İbrahim Casim ont raconté leur calvaire à l’Agence Anadolu (AA).
Bekir n’a que 16 ans, tandis que Hüsam en a 17. D’origine arabe, les deux adolescents ont été arrêtés par l’organisation en décembre 2025 dans la ville d’Aïn al-Arab, au nord de la Syrie, alors qu’ils tentaient de rejoindre la Türkiye clandestinement pour y travailler. Ils ont ensuite été enrôlés de force.
« Ils nous ont emmenés à Hassaké pour nous imposer un entraînement militaire »
Originaire du district de Manbij, dans la province d’Alep, Hüsam a indiqué qu’ils avaient été interceptés à la frontière par le YPG/FDS au moment où ils tentaient de passer en Türkiye par des voies illégales.
Après leur arrestation à Aïn al-Arab, ils ont été enrôlés de force, a-t-il expliqué : « Ensuite, ils nous ont emmenés à Hassaké pour nous imposer un entraînement militaire. Ils ont pris nos empreintes sous la menace des armes. Ils nous ont forcés à suivre cette formation sous pression. Pendant un mois, ils nous ont donné un endoctrinement politique. L’entraînement militaire, lui, n’a duré que quelques jours. »
Hüsam a souligné que le camp où ils étaient retenus sous la menace des armes comptait de nombreux enfants comme lui, ajoutant : « Deux ou trois personnes parmi nous avaient environ 25 ans. Tous les autres étaient nés en 2007, 2008 ou 2009. »
- « La majorité de ceux qui étaient dans le camp avaient moins de 18 ans »
Hüsam a également déclaré que, lorsqu’ils ont protesté dans le camp, des membres de l’organisation les ont battus : « Nous sommes tous des enfants de tribus. Là-bas, nous étions unis et nous avons protesté. Ils nous ont tous jetés au sol et ont commencé à nous frapper. »
Évoquant les conditions difficiles vécues sous le contrôle du groupe, Hüsam a poursuivi :
« J’étais dans un très mauvais état et je ne pouvais pas dormir. La situation était terrible. Il faisait très froid. Il n’y avait pas d’eau chaude. Ils ne nous laissaient même pas dormir correctement. Celui qui nous formait venait des Arabes de Hassaké.
Il y avait aussi des Kurdes parmi eux. La plupart des personnes dans le camp avaient moins de 18 ans. Beaucoup voulaient s’enfuir. Il y avait aussi des Libanais parmi nous. Une grande partie avait été arrêtée puis amenée de force par l’organisation. »
Hüsam a indiqué que, après le lancement ce mois-ci d’une opération de l’armée syrienne à l’ouest et à l’est de l’Euphrate, les terroristes ont quitté la région, ce qui leur a permis d’être libérés. Ils se sont alors rendus aux forces syriennes.
- « Pendant trois jours, ils ne nous ont donné que du pain et des tomates »
Âgé de 16 ans, Bekir a connu un parcours similaire. Lui aussi a été arrêté à Aïn al-Arab par l’organisation terroriste, puis enrôlé de force.
Originaire de Homs, Bekir a expliqué qu’après avoir été recruté de force, il a été transféré depuis Aïn al-Arab vers un camp situé dans la ville de Raqqa, à l’est de l’Euphrate, qui se trouvait alors sous occupation du YPG/FDS avant l’opération.
Après Raqqa, Bekir a précisé qu’ils avaient été emmenés à Hasan Derviş, également sous occupation du groupe, ajoutant que l’organisation leur avait imposé la prise d’empreintes et les avait soumis à un entraînement dans ses camps.
Décrivant des journées éprouvantes dans ces centres d’entraînement, Bekir a déclaré :
« Là-bas, à Raqqa, ils nous ont pris nos empreintes sous pression. Après Raqqa, ils nous ont emmenés à Hasan Derviş. Ensuite, pour la formation, ils nous ont transférés à l’académie de défense personnelle.
Nous avons déjeuné, puis nous devions dîner. Ils nous ont dit qu’il n’y avait ni dîner ni eau. Pendant trois jours, ils ne nous ont donné que du pain et des tomates. »
Bekir a également indiqué qu’ils avaient tenté à plusieurs reprises de s’échapper, mais que les terroristes avaient menacé de tirer sur quiconque tenterait de fuir : « Nous avons essayé plusieurs fois de nous enfuir, mais on entendait toujours le bruit des avions dans le ciel. À ce moment-là, des membres de l’organisation venaient nous effrayer et nous menaçaient : “On abattra quiconque sortira par la porte.” »
Comme Hüsam, Bekir a précisé avoir recouvré sa liberté après le retrait des membres de l’organisation des zones qu’ils occupaient, à la suite de l’opération de l’armée syrienne, avant de se rendre aux forces syriennes.
* Traduit du turc par Adama Bamba
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
