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L’ONU estime que la situation en Syrie est « très tendue » sur fond d’affrontements et de crise humanitaire

- « Je tiens à souligner qu’il existe une crise humanitaire et de protection alarmante », a déclaré Khaled Khiari.

Merve Gül Aydoğan Ağlarcı  | 22.01.2026 - Mıse À Jour : 24.01.2026
L’ONU estime que la situation en Syrie est « très tendue » sur fond d’affrontements et de crise humanitaire

Ontario

AA / Hamilton, Canada / Merve Aydogan

L’Organisation des Nations unies a indiqué jeudi que la situation sécuritaire en Syrie demeure extrêmement volatile, marquée par des affrontements et une crise humanitaire qui s’aggrave.

Khaled Khiari, secrétaire général adjoint pour le Moyen-Orient, l’Asie et le Pacifique au sein des départements des affaires politiques et de la consolidation de la paix ainsi que des opérations de paix, a déclaré devant le Conseil de sécurité que les pourparlers n’avaient pas permis de faire avancer le processus.

« Un nouveau cycle de discussions entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), tenu le 4 janvier pour mettre en œuvre l’accord du 10 mars 2025, n’a pas permis de progrès », a-t-il indiqué.

Rappelant qu’avec la médiation des États-Unis et d’autres partenaires internationaux, un accord de cessez-le-feu et d’intégration avait été annoncé le 18 janvier afin de mettre fin aux combats et de placer les trois gouvernorats du nord-est sous le contrôle du gouvernement central, Khiari a précisé que le président syrien Ahmad Al-Charaa avait ensuite annoncé une « entente commune » accordant aux YPG/FDS une période de consultation de quatre jours.

« Nous sommes désormais à deux jours de cette période cruciale », a déclaré Khiari, ajoutant que « la situation sur le terrain reste très tendue, avec des échanges de tirs et des affrontements entre les forces gouvernementales et les FDS dans certaines zones du gouvernorat de Hasseké, ainsi qu’en périphérie d’Ayn al-Arab, également connue sous le nom de Kobané, une enclave contrôlée par les FDS, où l’accès est difficile en raison des combats en cours ».

« Je tiens à souligner qu’il existe une crise humanitaire et de protection alarmante, avec un besoin urgent pour toutes les parties de garantir la protection des civils et des infrastructures civiles, et d’assurer un accès humanitaire immédiat et sans entrave », a-t-il ajouté.

Réaffirmant le plein soutien de l’ONU à la transition politique en Syrie, Khiari a noté que « beaucoup a été accompli dans la Syrie post-Assad », notamment le retour de près de trois millions de réfugiés et de personnes déplacées internes.

Il a toutefois averti que « le pays demeure extrêmement fragile après 14 années de conflit dévastateur ».

Il a également mis en garde contre la menace persistante de Daech, appelant à la poursuite de la coopération internationale, précisant que le gouvernement syrien s’est joint aux partenaires internationaux de la Coalition mondiale contre Daech.

Khiari a condamné les attaques israéliennes dans le sud de la Syrie, déclarant que « les incursions israéliennes dans le sud de la Syrie continuent de porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays ».

Il a réitéré l’appel du secrétaire général de l’ONU demandant à Israël de « s’abstenir de toute violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale syriennes », et a exhorté au respect de l’accord de désengagement.

De son côté, Edem Wosornu, directrice de la division des opérations et du plaidoyer au sein du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a souligné l’ampleur de la situation humanitaire, déclarant que « alors que la Syrie entre dans la deuxième année de ce nouveau chapitre, la détermination de son peuple à bâtir un avenir meilleur est à la fois palpable et encourageante ».

Elle a toutefois indiqué que « les dernières semaines ont montré à quel point le pays demeure vulnérable aux effets des hostilités et des aléas naturels, tels que les tempêtes hivernales, et pourquoi les besoins humanitaires restent considérables ».

Précisant que l’ONU et ses partenaires continuent de fournir de l’aide malgré les difficultés d’accès, Wosornu a rapporté que « le Fonds humanitaire pour la Syrie a débloqué 2,5 millions de dollars afin d’aider rapidement les personnes déplacées et d’atténuer les effets des conditions hivernales rigoureuses ».

Elle a mis en garde contre la contamination meurtrière par des munitions non explosées, indiquant que « plus de 540 personnes ont été tuées et près de 1 000 blessées en 2025 ».

Elle a ajouté que les conditions météorologiques extrêmes et la sécheresse ont aggravé la crise, avec « 70 % de la dernière récolte de blé endommagée ».

« L’ONU fournit du combustible de chauffage et une aide hivernale, mais seulement un quart des 112 millions de dollars nécessaires pour soutenir les populations cette saison a été reçu », a-t-elle précisé, laissant des millions de personnes sans soutien adéquat.

Selon Wosornu, les progrès dépendent d’un appui international, évoquant « un investissement accru dans le relèvement et le développement, un financement humanitaire suffisant et durable », ainsi qu’« une diplomatie active pour prévenir de nouvelles violences et protéger les civils ».

« Inverser une crise humanitaire d’une ampleur et d’une complexité telles que celle de la Syrie n’a jamais été une tâche facile », a-t-elle conclu avant d'ajouter: « Nous devons faire tout notre possible pour soutenir le peuple syrien dans cet effort. »

* traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme

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