L’ONU déplore 170 morts lors de frappes aériennes pendant les élections au Myanmar
- Le chef du Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar appelle à la fin de l’impunité pour les « graves crimes internationaux commis depuis la prise de pouvoir par l’armée »
Istanbul
AA / Istanbul / Saadet Gokce
Au moins 170 civils ont été tués lors de plus de 400 attaques aériennes pendant la période électorale au Myanmar, a déclaré l'ONU vendredi.
« Des sources crédibles ont confirmé que 170 civils ont été tués lors de quelque 408 attaques aériennes militaires recensées par des sources ouvertes pendant la période de vote, entre décembre 2025 et janvier 2026 », a indiqué le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) dans un communiqué.
Les élections au Myanmar se sont déroulées en trois phases, du 28 décembre au 25 janvier.
Dans le canton de Bhamo, dans l'État Kachin, une frappe aérienne militaire menée le 22 janvier a fait jusqu'à 50 victimes civiles. « Des groupes armés opposés à l'armée auraient également attaqué des bureaux de vote et des responsables électoraux », précise le communiqué.
Plus tôt ce mois-ci, le général de division Zaw Min Htun, chef de l'équipe d'information de la junte, avait annoncé la tenue d'une nouvelle session parlementaire en mars, à l'issue des élections, et l'entrée en fonction d'un nouveau gouvernement en avril.
Les élections, organisées en grande partie dans des zones sous contrôle militaire, ont exclu de larges pans de la population, « notamment les personnes déplacées et les minorités, comme l'ethnie Rohingya », selon l'ONU.
Le communiqué ajoute que 324 hommes et 80 femmes ont été arrêtés en vertu de la loi birmane dite « de protection des élections », dont une personne condamnée à 49 ans de prison pour diffusion de matériel anti-électoral. Des cas de coercition des électeurs ont également été signalés dans tout le pays.
Le précédent gouvernement élu du Myanmar, dirigé par la Ligue nationale pour la démocratie d'Aung San Suu Kyi, a été renversé par un coup d'État le 1er février 2021, plongeant le pays dans plus de quatre ans d'état d'urgence.
« L'armée cherche à consolider son pouvoir par la violence après avoir contraint la population à voter. Rien n'est plus éloigné d'un régime civil », a déclaré Volker Turk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.
Il a exhorté la communauté internationale, et en particulier les États influents, à intensifier leurs efforts pour mettre fin aux violences.
Dans une déclaration distincte, Nicholas Koumjian, directeur du Mécanisme d'enquête indépendant pour le Myanmar, a appelé à la fin de l'impunité pour les crimes internationaux graves commis depuis le coup d'État militaire.
« Il n'existe actuellement aucune poursuite judiciaire pour les crimes internationaux graves commis depuis le coup d'État militaire », a déclaré Koumjian.
« Nous pensons que l'impunité encourage les auteurs de ces crimes à commettre davantage de violences, et mettre fin à cette impunité est indispensable pour que le Myanmar puisse bâtir un avenir pacifique pour tout son peuple. »
Depuis le coup d'État, les manifestations ont été réprimées, les opposants présumés emprisonnés et de nombreuses personnes ont subi des actes de torture, des violences sexuelles et d'autres exactions, ainsi que des « frappes aériennes, des tirs d'artillerie et des attaques de drones aveugles », a déclaré Koumjian.
Il a ajouté que « si la plupart des preuves recueillies par le Mécanisme concernent des crimes commis par l'armée birmane, nous enquêtons également sur des informations inquiétantes faisant état d'atrocités commises par d'autres groupes armés ».
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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