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L’Iran se dit prêt à un accord d’enrichissement rassurant mais rejette l’option « zéro enrichissement »

- Le programme balistique iranien n’est pas négociable, ni à présent ni à l’avenir, a affirmé Abbas Araghchi, le qualifiant de « question strictement défensive »

Rania Abushamala  | 07.02.2026 - Mıse À Jour : 07.02.2026
L’Iran se dit prêt à un accord d’enrichissement rassurant mais rejette l’option « zéro enrichissement »

Istanbul

AA / Istanbul / Rania Abushamala

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré samedi que Téhéran était prêt à conclure un « accord rassurant » sur l’enrichissement de l’uranium, tout en soulignant que l’option du « zéro enrichissement » ne faisait pas partie du cadre des négociations.

S’exprimant sur la chaîne qatarie Al Jazeera, Araghchi a affirmé que le dossier nucléaire iranien ne pouvait être réglé que par la voie diplomatique, notant que Washington était revenu à la table des discussions après avoir précédemment opté pour une action militaire.

« Les négociations sont la seule manière de résoudre la question nucléaire iranienne », a-t-il déclaré, ajoutant que les pourparlers avec Washington constituaient « un bon point de départ », tout en reconnaissant qu’« un long chemin reste à parcourir pour rétablir la confiance » entre les deux parties.

Il a par ailleurs insisté sur le fait que le programme balistique iranien n’était pas négociable, « ni aujourd’hui ni à l’avenir », le qualifiant de « question défensive ».

Abbas Araghchi a indiqué que l’Iran était disposé à « instaurer la confiance afin de mener des négociations réalistes visant à un résultat équitable et mutuellement bénéfique », réitérant la volonté de Téhéran de parvenir à un accord qui rassure toutes les parties concernant l’enrichissement.

Dans le même temps, il a souligné que le « zéro enrichissement » n’était « pas à l’ordre du jour », affirmant que l’enrichissement constituait un « droit garanti » pour l’Iran et qu’il « devait se poursuivre ».

« Même les bombardements n’ont pas réussi à détruire nos capacités », a-t-il ajouté.

Évoquant la sécurité régionale, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que l’Iran ne visait pas les pays voisins, mais les bases militaires américaines situées dans la région. « Nous n’attaquons pas les États voisins ; nous visons les bases américaines dans la région, et il y a une grande différence », a-t-il affirmé.

Le chef de la diplomatie iranienne a ajouté que si l’Iran ne dispose pas de la capacité de frapper le territoire américain en cas d’attaque de Washington, il riposterait en visant les bases américaines dans la région.

Abbas Araghchi a estimé que la possibilité d’une guerre « existe toujours », soulignant que l’Iran est préparé à un tel scénario tout en poursuivant ses efforts pour l’éviter.

Il a précisé que, bien que les négociations avec Washington aient été menées de manière indirecte, elles ont néanmoins offert l’occasion d’« une poignée de main » avec la délégation américaine.

« Aucune date n’a encore été fixée pour un deuxième cycle de discussions, mais Téhéran comme Washington estiment qu’il devrait se tenir prochainement », a-t-il déclaré.

Concernant les niveaux d’enrichissement, le chef de la diplomatie iranienne a indiqué que le degré d’enrichissement dépend des besoins du pays, insistant sur le fait que « l’uranium enrichi ne quittera pas le territoire national ».

Il a ajouté que les pourparlers avec Washington étaient indirects et exclusivement limités au dossier nucléaire.

L’Iran et les États-Unis ont repris vendredi une diplomatie nucléaire indirecte, après plusieurs semaines de fortes tensions alimentées par la menace d’une action militaire brandie par le président américain Donald Trump.

Abbas Araghchi a qualifié les discussions de vendredi de « bon début », estimant qu’elles pourraient se poursuivre si le climat de méfiance était surmonté. Il a indiqué qu’il avait été convenu de poursuivre le processus et que les deux parties pourraient se retrouver ultérieurement à Mascate, à Oman.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al‑Busaidi a pour sa part affirmé que les discussions avaient été « très sérieuses », permettant de clarifier les positions des deux parties et d’identifier des pistes de progrès possibles.

*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore

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