L’Europe à la croisée des chemins, prête à agir d’une seule voix si le dialogue échoue, déclare Ursula von der Leyen
- « L’Europe privilégie le dialogue et les solutions, mais nous sommes pleinement préparés à agir, si nécessaire », a déclaré Ursula von der Leyen au Parlement européen
Brussels Hoofdstedelijk Gewest
AA / Bruxelles / Melike Pala
L’Europe se trouve à la croisée des chemins face à l’érosion continue de l’ordre international. Si l’Union européenne privilégie le dialogue et les solutions négociées, elle est pleinement prête à agir avec unité, célérité et détermination si nécessaire, a déclaré mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
S’adressant au Parlement européen, von der Leyen a averti que les récents développements mondiaux démontrent que cette évolution de l’ordre international n’est pas temporaire mais permanente, obligeant l’Europe à s’adapter rapidement tout en défendant le droit international et les principes démocratiques.
« Nous sommes à la croisée des chemins. L’Europe privilégie le dialogue et les solutions, mais nous sommes pleinement prêts à agir, si nécessaire, avec unité, célérité et détermination », a-t-elle affirmé.
Von der Leyen a souligné que le monde est de plus en plus défini par la force brute et a déclaré que l’Europe doit renforcer ses propres leviers de puissance, notamment une économie forte, un marché unique compétitif et des capacités technologiques et d’innovation.
Abordant les tensions dans l'Arctique, elle a souligné que le Groenland n'est pas seulement un territoire stratégique riche en ressources, mais « avant tout, la patrie d'un peuple libre et souverain ».
« Seuls les Groenlandais peuvent décider de l'avenir du Groenland », a-t-elle déclaré, réaffirmant l'alignement de l'Europe sur les États-Unis en matière de sécurité arctique au sein de l'OTAN, tout en rejetant l'instrumentalisation des arguments sécuritaires pour justifier des droits de douane supplémentaires entre alliés.
« Si nous nous enfonçons aujourd'hui dans une dangereuse spirale descendante entre alliés, cela ne fera que renforcer nos adversaires », a averti Ursula von der Leyen.
Elle a également mis en avant le développement des partenariats commerciaux mondiaux de l'Union européenne, notamment l'accord récemment signé avec le Mercosur et les négociations en cours avec l'Inde, arguant qu'un commerce diversifié renforce l'indépendance et la résilience de l'Europe.
« La loi du plus fort ne saurait prévaloir », déclare Costa
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a mis en garde mercredi contre l'érosion du droit international et a rejeté un ordre mondial fondé sur la politique de puissance, soulignant que les violations du droit international sont intolérables où que ce soit, de l'Ukraine et de Gaza au Groenland, en passant par l'Afrique et l'Amérique latine.
S'adressant au Parlement européen, Costa a déclaré que l'UE « ne peut accepter que la loi du plus fort prime sur les droits du plus faible », insistant sur le fait que les règles internationales ne sont pas « facultatives et que les alliances ne sauraient se réduire à de simples relations transactionnelles ».
« Nous ne pouvons accepter les violations du droit international. Où que ce soit. Que ce soit en Ukraine, au Groenland, en Amérique latine, en Afrique ou à Gaza. Nous ne pouvons accepter les violations des droits de l'homme, que ce soit en Iran, au Soudan ou en Afghanistan », a affirmé Costa.
Costa a déclaré que l'Europe est confrontée à des défis géopolitiques sans précédent, notamment la guerre en cours en Ukraine, la pression croissante sur l'ordre international fondé sur des règles et les tensions dans les relations transatlantiques.
Il a présenté trois piliers pour la réponse européenne : une Europe de principes, une Europe protectionniste et une Europe de prospérité, soulignant que ces trois piliers sont actuellement mis à l'épreuve.
« Au lieu de droits de douane, l'Union européenne propose des partenariats », a affirmé Costa, prévenant que de nouveaux droits de douane compromettraient les relations transatlantiques et violeraient les accords UE-États-Unis existants.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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