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L’envoyé iranien à l’ONU rejette comme « illégale » et « politiquement motivée » la notification de « snapback » de l’E3

- « Les tactiques de pression visent à imposer et à dicter, pas à résoudre les problèmes, et l’Iran n’y cédera jamais », a affirmé Amir Saeid Iravani.

Merve Gül Aydoğan Ağlarcı  | 29.08.2025 - Mıse À Jour : 29.08.2025
L’envoyé iranien à l’ONU rejette comme « illégale » et « politiquement motivée » la notification de « snapback » de l’E3

Ontario

AA / Hamilton / Merve Aydogan

L’envoyé de l'Iran à l'ONU a rejeté vendredi la décision de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni (E3) d’activer le mécanisme de « snapback » au Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant une tentative « illégale » de pression.

« L’Iran rejette catégoriquement et condamne la notification illégale de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Cette action contourne le mécanisme de règlement des différends du JCPOA (Plan d’action global commun). C’est une tentative illégale de rétablir une résolution déjà expirée », a déclaré l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, à l’issue d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

Le diplomate a accusé les pays européens, ainsi que les États-Unis, d’avoir été les premiers à violer l’accord nucléaire. « Ils ne peuvent pas aujourd’hui prétendre agir de bonne foi », a-t-il insisté, rappelant que Téhéran avait à plusieurs reprises informé le Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU et le coordinateur de l’UE des « violations répétées et du non-respect significatif » des engagements occidentaux.

« Hier, les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens ont adressé une lettre au Conseil de sécurité invoquant le soi-disant processus de notification snapback, avec, pour seul objectif, de faire chanter l’Iran et d’exercer une pression politique », a poursuivi Iravani.

Il a souligné que son pays « demeure attaché à la diplomatie, mais ne négociera pas sous la menace ni la contrainte », ajoutant : « Les tactiques de pression visent à imposer et à dicter, pas à résoudre les problèmes, et l’Iran n’y cédera jamais. » Selon lui, la voie choisie par l’E3 « met gravement en péril la crédibilité du Conseil de sécurité et la paix internationale ».

Avant la réunion, le Royaume-Uni, s’exprimant au nom de l’E3, avait affirmé que leur offre d’extension concernant les mesures de snapback « restait sur la table », tout en appelant l’Iran à répondre aux inquiétudes de la communauté internationale concernant son programme nucléaire.

Jeudi, les trois pays européens ont officiellement déclenché le mécanisme de rétablissement des sanctions de l’ONU dans leur différend avec Téhéran. Ils ont exhorté l’Iran à reprendre les négociations avec Washington et à autoriser les inspecteurs internationaux à contrôler ses sites et stocks d’uranium enrichi.

Les États-Unis se sont retirés de l’accord de 2015 en 2018 et ont réimposé leurs propres sanctions contre l’Iran. Plus tôt cette année, Washington et Téhéran avaient engagé des pourparlers indirects, mais une attaque israélienne en juin contre l’Iran a entraîné l’annulation d’un sixième cycle de discussions prévu à Oman.

Au cours de cette guerre de 12 jours, les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires iraniens. Washington exige depuis qu’Iran renonce à son programme nucléaire, tandis que Téhéran affirme que celui-ci reste exclusivement civil.



* Traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme

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