L’Australie maintient l’invitation au président israélien malgré une vague de critiques et de pressions
– Herzog doit arriver en Australie dimanche pour une visite d’État de quatre jours, alors que le mécontentement grandit au sein des rangs travaillistes concernant cette invitation
Karaçi
AA / Istanbul
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a défendu jeudi l’invitation adressée au président israélien, en dépit d’une pression et de critiques croissantes, ainsi que d’appels à l’arrestation d’Isaac Herzog.
Répondant aux demandes d’arrestation de Herzog, Wong a déclaré à l’Australian Broadcasting Corporation que le président israélien avait été invité en Australie afin de soutenir la communauté juive du pays à la suite de l’attaque terroriste survenue à Bondi Beach en décembre, qui a fait 15 morts et 42 blessés.
Isaac Herzog doit arriver en Australie dimanche pour une visite d’État de quatre jours, alors que le malaise s’intensifie au sein du Parti travailliste au sujet de cette invitation.
Elle a précisé que le gouvernement avait pris en compte des avis juridiques concernant les obligations de l’Australie au regard du droit international avant d’inviter Herzog.
« Nous prenons toujours en considération les avis juridiques relatifs à nos obligations », a-t-elle affirmé.
« Je tiens à souligner que nous l’avons invité », a-t-elle ajouté.
« La communauté a demandé la visite du président Herzog, et il a été invité par le gouverneur général à la demande du Premier ministre », a-t-elle encore déclaré.
De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères en visite, Johann Wadephul, a indiqué que, pour des raisons historiques, l’Allemagne a une responsabilité à l’égard de l’existence et de la sécurité d’Israël.
Toutefois, il a souligné que l’Allemagne reconnaît la compétence des juridictions internationales.
Ben Saul, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme, a estimé qu’il était imprudent pour Canberra d’inviter Herzog, accusé personnellement d’avoir incité au génocide, à la violence et à la haine contre les Palestiniens.
Dans un communiqué, Saul a rappelé que la Cour internationale de justice a estimé qu’Israël avait menacé de manière plausible les droits des Palestiniens à être protégés contre le génocide à Gaza.
« Sa visite divisera profondément l’Australie au lieu de la rassembler après l’attaque terroriste de Bondi, et traumatisera les victimes locales des atrocités israéliennes », a-t-il ajouté.
Le Conseil juif d’Australie s’est également opposé à la visite de Herzog, déclarant : « Il ne nous représente pas. »
Dans un communiqué, le Conseil a affirmé : « Nous refusons que notre deuil pour le massacre de Bondi soit utilisé pour légitimer un dirigeant qui a joué un rôle actif dans la destruction en cours de Gaza, notamment le meurtre de dizaines de milliers de Palestiniens et le déplacement de millions de personnes. »
Chris Sidoti, éminent avocat australien spécialisé en droits de l’homme et ancien commissaire d’une commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, a déclaré jeudi que Herzog devrait être arrêté à son arrivée en Australie pour incitation au génocide.
Les députés indépendants Andrew Wilkie, Sophie Scamps et Zali Steggall ont « fermement » critiqué la visite de Herzog, estimant que ce déplacement « ne contribue en rien à la cohésion sociale ».
« Si la visite du président Herzog devait avoir lieu, elle pourrait constituer une occasion d’exposer son engagement en faveur d’une voie vers la paix et d’une situation dans laquelle Israéliens et Palestiniens pourraient coexister et vivre en sécurité », ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint.
Dans un message publié sur la plateforme X, propriété d’une entreprise américaine, l’activiste australien des droits de l’homme Peter Murphy a écrit : « Cher Premier ministre australien, nous n’avons pas voté pour que des sionistes dirigent notre pays. »
Par ailleurs, selon une information rapportée par Guardian Australia, les universités australiennes seront évaluées sur la manière dont elles « gèrent » les manifestations, les campements et l’affichage de drapeaux, dans le cadre d’un système controversé de notation sur l’antisémitisme adopté par le gouvernement Albanese après l’attaque terroriste de Bondi.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
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