L’Arctique n’est plus une zone de faible tension, avertit la cheffe de la diplomatie européenne
- L’intérêt grandissant de la Chine pour l’Arctique accroît les risques sécuritaires dans une région désormais au cœur de la rivalité entre grandes puissances
Brussels Hoofdstedelijk Gewest
AA / Bruxelles / Melike Pala
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a mis en garde mardi contre les risques croissants pour la sécurité liés à l’intérêt grandissant de la Chine pour l’Arctique, estimant que la région n’est plus une zone de faible tension mais une ligne de front de la compétition mondiale des puissances.
S’exprimant lors d’une conférence de presse aux côtés du ministre norvégien des Affaires étrangères Espen Barth Eide, Kallas a rappelé que l’Arctique a longtemps été marqué par « une faible tension et une forte coopération », mais que l’environnement sécuritaire en Europe a profondément changé depuis le début de la guerre en Ukraine.
« La Chine n’est peut-être pas encore en train de racheter l’Arctique, mais elle étend progressivement son empreinte », a-t-elle déclaré, ajoutant que les prises de position publiques des États-Unis concernant le Groenland illustrent l’évolution de la réalité géopolitique de la région.
Le président américain Donald Trump a appelé à un contrôle de son pays sur le Groenland, invoquant des préoccupations de sécurité nationale liées à la Russie et à la Chine. Il a également menacé de sanctions les pays européens opposés à une telle prise de contrôle du territoire danois.
Il a par la suite retiré ces menaces après une rencontre avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, en marge du Forum économique mondial à Davos (Suisse), affirmant qu’un cadre d’accord sur le Groenland et l’Arctique au sens large avait été établi.
Des discussions entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont débuté la semaine dernière afin de résoudre cette crise.
« L’Arctique n’est plus un coin tranquille sur la carte. C’est la ligne de front de la compétition mondiale des puissances », a souligné Kallas.
La cheffe de la diplomatie européenne a noté que si la Chine ne dispose pas encore d’une présence directe en Arctique, elle manifeste un intérêt croissant pour les ports et les hubs de transport de la région, à mesure que le changement climatique ouvre de nouvelles routes commerciales.
« Ce que les services de renseignement nous alertent, c’est que cela crée des risques pour la sécurité, car la maîtrise des chaînes d’approvisionnement est quelque chose que nous avons déjà expérimenté lorsque ces chaînes ou ces routes commerciales sont instrumentalisées », a-t-elle déclaré, avertissant que des risques similaires pourraient émerger en Arctique.
Kallas a également souligné la position dominante de la Chine sur le marché mondial des terres rares, rappelant que la région arctique, y compris le Groenland, recèle des matières premières critiques d’importance stratégique.
« L’Europe doit rester vigilante sur ce sujet, et c’est ce que nous faisons », a-t-elle conclu.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
