L’Allemagne envisage d’envoyer des Eurofighters et des avions de patrouille maritime au Groenland
- Le ministère de la Défense indique qu’une équipe de reconnaissance évaluera la contribution possible de Berlin aux manœuvres de l’OTAN dans l’Arctique, sous la direction danoise
Berlin
AA / Berlin / Ayhan Simsek
L’Allemagne envisage d’envoyer des avions de chasse Eurofighter, des appareils de reconnaissance ainsi que des navires militaires au Groenland, dans le cadre d’exercices de l’OTAN visant à renforcer la sécurité dans l’Arctique, a déclaré vendredi un porte-parole du ministère de la Défense.
Cette annonce intervient alors qu’une équipe de reconnaissance de l’armée allemande a quitté le pays à destination du Groenland, afin d’évaluer les conditions sur place en vue de futures manœuvres potentielles avec les alliés de l’OTAN dans cette région stratégique.
Le porte-parole du ministère, Michael Stempfle, a précisé que cette équipe examinerait plusieurs options militaires en coordination avec le Danemark, qui dirige la mission.
« La question est de savoir si l’Arctique est sécurisé et comment nous pouvons contribuer, ensemble avec nos partenaires de l’OTAN », a-t-il déclaré aux journalistes à Berlin. « Nous envisageons des exercices avec des avions de reconnaissance P-8 Poseidon, le déploiement de frégates ou d’autres unités navales pour la surveillance maritime, et, théoriquement, également le déploiement d’Eurofighters. »
La mission de reconnaissance est menée par le Danemark et inclut la participation de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, du Royaume-Uni, de la France et des Pays-Bas. De son côté, l’Allemagne a dépêché plus d’une douzaine de militaires, dont des experts en logistique issus de différentes branches.
Stempfle a indiqué que l’équipe étudierait les conditions locales ainsi que les contraintes météorologiques difficiles, afin de déterminer quels types d’exercices pourraient être menés sur terre, en mer et dans les airs. « Lorsqu’on réfléchit aux exercices possibles là-bas, en mer, sur terre, dans les airs, il faut prendre en compte les conditions locales, et c’est exactement ce qui doit être fait », a-t-il expliqué.
Interrogé sur la possibilité que cette mission débouche sur un stationnement permanent de forces, Stempfle a estimé qu’il était encore trop tôt pour se prononcer.
« Il est trop tôt pour juger s’il s’agit d’un stationnement », a-t-il déclaré. « À ma connaissance, il s’agit avant tout d’observer les conditions sur place, puis d’aborder les exercices dans le cadre de l’OTAN avec nos partenaires. Nous ne pourrons en dire plus qu’après les discussions sur place et celles qui se poursuivront dans les prochaines semaines. »
Les projets danois visant à renforcer la présence militaire et à organiser des exercices au Groenland interviennent dans un contexte de tensions accrues avec l’administration américaine.
Le président Trump affirme depuis longtemps que les États-Unis « ont besoin du Groenland » et n’a pas exclu le recours à la force militaire pour atteindre cet objectif. Par ailleurs, des discussions de crise organisées mercredi à la Maison-Blanche entre de hauts responsables américains et des dirigeants danois et groenlandais n’ont pas permis de résoudre le différend.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
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