L’AIE, le FMI et la Banque mondiale vont former un groupe de coordination sur les répercussions de la guerre en Iran
- Un mécanisme conjoint évaluera les retombées mondiales, coordonnera les politiques et le soutien financier face au choc énergétique, selon un communiqué conjoint
Istanbul
AA/Istanbul/ Mucahithan Avcioglu
L’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont annoncé mercredi la création d’un groupe de coordination pour renforcer leur réponse aux répercussions économiques et énergétiques de la guerre au Moyen-Orient.
Dans un communiqué conjoint, les dirigeants des trois institutions ont souligné que le conflit avait provoqué « l’une des plus importantes pénuries d’approvisionnement de l’histoire des marchés mondiaux de l’énergie », avec des impacts « substantiels, globaux et fortement asymétriques », touchant particulièrement les économies importatrices d’énergie, et en particulier les pays à faible revenu.
Leur communiqué précise que le choc se traduit déjà par la hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais, tout en suscitant des inquiétudes sur le coût de l’alimentation. Les perturbations se sont également étendues aux chaînes d’approvisionnement mondiales notamment l’hélium, le phosphate et l’aluminium ainsi qu’au tourisme, en raison des interruptions de vols dans les principaux hubs du Golfe.
Les institutions ont averti que la volatilité des marchés, la faiblesse des devises dans les économies émergentes et la montée de l’inflation pourraient conduire à un resserrement de la politique monétaire et à un ralentissement de la croissance mondiale.
Pour faire face à ces risques, le groupe de coordination évaluera la gravité des impacts par pays via un partage de données commun sur les marchés de l’énergie, les flux commerciaux, les pressions fiscales et l’inflation. Il coordonnera également les réponses politiques, incluant conseils ciblés, évaluation des besoins de financement et soutien financier potentiel, avec notamment des financements concessionnels et des outils de mitigation des risques.
Le groupe mobilisera aussi des partenaires multilatéraux, régionaux et bilatéraux afin d’assurer un soutien coordonné aux pays les plus touchés, en particulier ceux disposant d’une marge de manœuvre politique limitée et d’un endettement élevé.
Enfin, les institutions ont réaffirmé leur engagement à protéger la stabilité économique et financière mondiale, renforcer la sécurité énergétique et soutenir la reprise, la croissance et la création d’emplois.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
