Nadia Chahed
15 Février 2017•Mise à jour: 15 Février 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le gouvernement congolais a annoncé, mercredi, être dans l'incapacité de financer les prochaines élections générales prévues à la fin de l'année 2017, conformément à l'accord politique conclu le 31 décembre dernier entre le pouvoir et l’opposition pour une transition en RDC.
« Je vais être sincère sur cette question, tenant compte des indicateurs actuels, il est impossible, je dis bien impossible, de mobiliser les 1,8 milliard de dollars américains nécessaires pour la tenue des élections […] je ne veux pas faire de la politique politicienne », a déclaré Pierre Kangudia, ministre congolais du Budget.
S'exprimant en conférence de presse à Kinshasa, le ministre a précisé que ceci incombe "la faible mobilisation des recettes de l’Etat".
Il n'a cependant pas donné de précisions sur les fonds dont dispose le gouvernement à cet effet ni sur le déficit à combler.
Ces déclarations surviennent alors que le pays attend la nomination d’un nouveau gouvernement de transition dirigé par l’opposition, qui aura pour principale mission de conduire le pays jusqu'à l’organisation des élections en décembre 2017.
Au départ fixé à 1,2 milliard de dollars américains, le budget pour l’organisation des élections en RDC a été revu à la hausse en Octobre 2016, compte tenu de la programmation de trois scrutins (présidentiel, législatives nationale et provinciale) en une séquence.
Le pays traverse déjà une crise politique née de l’impossibilité de la tenue de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel (Novembre 2016), fait qui a entrainé le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au delà de son mandat constitutionnel arrivé à terme le 19 décembre dernier.
L’opposition et la société civile accusaient le président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 en succession à son père assassiné, de bloquer délibérément le processus électoral pour rester au pouvoir.
Des son côte, Kinshasa a toujours justifie cette incapacité à financer les élections par la crise économique que traverse le pays, provoquée, entre autres, par la chute des cours des matières premières dont dépend en grande partie l’économie du pays.