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Journée mondiale contre le cancer 2026 : prévention, inégalités et espoirs de la recherche

- Selon l’OMS et le CIRC, environ 38 % des nouveaux cas de cancer dans le monde sont liés à des facteurs évitables comme le tabac, l’alcool, la pollution, certaines infections et le surpoids

Wafae El Baghouani  | 04.02.2026 - Mıse À Jour : 06.02.2026
Journée mondiale contre le cancer 2026 : prévention, inégalités et espoirs de la recherche

Istanbul

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée le 4 février, les données scientifiques rappellent qu’une part importante des cancers pourrait être évitée, tandis que la recherche ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques prometteuses, notamment grâce à l’immunothérapie et à la médecine de précision.

Selon une étude récente menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), environ 38 % des nouveaux cas de cancer dans le monde sont attribuables à des facteurs évitables tels que le tabagisme, la consommation d’alcool, la pollution de l’air, certaines infections et le surpoids. Cette proportion représente plus de 7 millions de cas chaque année.

Le tabac demeure le principal facteur de risque, responsable d’environ 15 % des nouveaux cas, suivi des infections cancérigènes (10 %), notamment le virus du papillome humain (HPV) et la bactérie Helicobacter pylori, ainsi que de l’alcool (3 %). Les cancers du poumon, de l’estomac et du col de l’utérus figurent parmi les plus étroitement liés à ces causes évitables.

Les hommes sont davantage exposés que les femmes aux cancers liés à ces facteurs : près de 45 % des nouveaux cas chez les hommes sont attribuables à des risques évitables, contre environ 30 % chez les femmes, une différence largement expliquée par une consommation plus élevée de tabac.

Europe et France : un fardeau sanitaire persistant

En Europe, le cancer reste l’une des principales causes de mortalité. Les cancers du sein, de la prostate, du poumon et du côlon-rectum sont les plus fréquemment diagnostiqués. Malgré les progrès thérapeutiques, les autorités sanitaires soulignent l’existence de disparités dans l’accès au dépistage et aux soins entre les pays et au sein même des populations.

En France, près de 400 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et plus de 157 000 décès sont enregistrés, faisant du cancer la première cause de mortalité. Les programmes de dépistage organisé du cancer du sein, du côlon-rectum et du col de l’utérus, ainsi que la stratégie décennale de lutte contre les cancers (2021-2030), visent à renforcer la prévention et à améliorer la prise en charge.

Afrique : mortalité élevée et diagnostic tardif

Sur le continent africain, la situation est particulièrement préoccupante. Si l’incidence globale est parfois inférieure à celle observée en Europe, la mortalité liée au cancer est proportionnellement plus élevée. Le cancer du sein est devenu le plus fréquent, tandis que le cancer du col de l’utérus demeure l’une des principales causes de décès chez les femmes.

Cette surmortalité s’explique par un diagnostic souvent tardif, une couverture encore limitée des programmes de dépistage et un accès insuffisant aux traitements spécialisés. La vaccination contre le HPV, pourtant disponible et efficace, reste inégalement déployée dans de nombreux pays africains. L’OMS avertit que, sans renforcement des politiques de prévention et d’accès aux soins, les décès dus au cancer en Afrique pourraient augmenter fortement dans les prochaines décennies.

Avancées scientifiques et nouvelles stratégies thérapeutiques

Parallèlement aux efforts de prévention, la recherche contre le cancer connaît des progrès rapides. Les dernières années ont été marquées par l’essor de l’immunothérapie, qui stimule le système immunitaire pour attaquer les cellules tumorales, et par le développement de la médecine de précision, fondée sur les caractéristiques génétiques des tumeurs.

Des essais cliniques récents ont montré que certaines formes de cancer colorectal ou pulmonaire présentant des mutations spécifiques, telles que KRAS-G12C, peuvent désormais être traitées par des thérapies ciblées combinées, améliorant les taux de réponse chez des patients jusque-là difficiles à soigner.

Dans le cancer rectal, des traitements basés uniquement sur l’immunothérapie ont permis, chez certains patients, une disparition complète de la tumeur sans recours à la chirurgie, ouvrant la voie à des approches moins invasives.

Les conjugués anticorps-médicament (ADC), qui délivrent des agents chimiothérapeutiques directement dans les cellules cancéreuses, représentent une autre avancée majeure, notamment pour les cancers du sein et de l’estomac. Ces traitements permettent d’augmenter l’efficacité tout en réduisant certains effets secondaires.

La radiothérapie bénéficie également de l’innovation technologique, avec le développement de techniques dites adaptatives, capables d’ajuster les doses en fonction de l’évolution de la tumeur observée à l’imagerie. L’intelligence artificielle commence par ailleurs à être utilisée pour mieux prédire la réponse aux traitements et personnaliser les stratégies thérapeutiques.

Prévention et politiques publiques

Les chercheurs appellent les gouvernements à adopter des politiques de prévention plus ambitieuses, notamment à travers le renforcement des mesures antitabac, la régulation de l’alcool, l’extension de la vaccination contre le HPV, l’amélioration de la qualité de l’air et la promotion de modes de vie sains.

« Si nous voulons réduire la charge du cancer, nous devons aussi réduire celle des maladies non transmissibles. Le tabac, l’alcool, l’alimentation ultra-transformée et la pollution de l’air sont des moteurs communs de plusieurs cancers », a souligné Katie Dain, directrice générale de l’Alliance des maladies non transmissibles.

La Journée mondiale contre le cancer 2026, placée sous le thème « Unis par l’unique », met l’accent sur l’expérience humaine et l’importance de soins plus personnalisés. Elle rappelle surtout qu’une part importante des cancers peut être évitée par des politiques publiques efficaces et une meilleure sensibilisation des populations.

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