AA / Paris / Patrick Juillard
Même si elle était attendue, la désignation de Paris comme ville organisatrice des Jeux Olympiques de 2024 a dans l'ensemble suscité des réactions enthousiastes en France.
Il n’y avait guère de suspense, le Comité international olympique a officialisé mercredi à Lima (Pérou) la désignation : cent ans après, Paris organisera les JO 2024.
« C'est une victoire magique, unique, a réagi Tony Estanguet, co-président du comité de candidature de Paris. On a travaillé dur depuis trois ans, avec Anne Hidalgo et l'ensemble de cette famille Paris-2024. C'est un succès collectif. »
« J'ai vécu une émotion que j'ai rarement vécue dans ma vie », a ajouté le triple champion olympique de canoë, qui va désormais prendre la présidence du Comité d'organisation. Pour Anne Hidalgo, maire de Paris, « c'est un bonheur immense. On est tous heureux, fiers autour de Tony. »
« Ramener les Jeux à la maison après 100 ans après, c'est un bonheur immense et surtout ça va faire du bien à notre pays, à Paris et à la Seine-Saint-Denis. c'est maintenant le début d'une nouvelle aventure extraordinaire », a ajouté Anne Hidalgo.
Et pourtant, la première magistrate de la capitale française avait d’abord été très réticente à l’idée de voir la ville de Paris se porter candidat à l’organisation des Jeux Olympiques. « Aujourd'hui nous sommes les uns et les autres dans des contraintes financières et budgétaires qui ne me permettent pas de dire que je porte cette candidature », avait-elle déclaré en novembre 2014.
A l’origine de la candidature parisienne, François Hollande savoure. L’ancien chef de l’Etat n’a pas craint le lyrisme, voyant dans les JO de Paris 2024 « une chance pour plusieurs générations ».
La classe politique s’est en grande majorité réjouie de ce choix. En déplacement en Guadeloupe, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est félicité de la « formidable reconnaissance de la place de la France dans l'olympisme ».
Son Premier ministre, Edouard Philippe, a appelé de ses vœux « une France transformée, optimiste et conquérante qui accueillera ces Jeux olympiques et paralympiques. »
Présente à Lima dans la délégation de Paris 2024, la ministre des Sports Laura Flessel s'est dit « heureuse et fière de cette superbe victoire pour la France. »
Quelques voix discordantes se sont néanmoins faites entendre. « Les jeux Olympiques, c’est un grand projet inutile et imposé », a twitté Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à l'élection présidentielle, avant d'ajouter dans un second message : « Et voilà qu'on nous en met plein la tête avec Paris 2024 et l'esprit olympique. En vrai c'est gaspillage d'argent public et chauvinisme. »
Avant la désignation officielle, le conseiller régional du Front National Wallerand de Saint-Just avait adressé une mise en garde sous le titre "Paris 2024, une bonne nouvelle, mais...". L'élu francilien partageait ses doutes quant aux risques de dépassements du budget prévu pour organiser les Jeux. « On finance à perte la campagne politique d'Anne Hidalgo », raillait de son côté un autre élu FN, le député du Gard Gilbert Collard.
Concernée au premier chef par les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’Île-de-France avait dépêché à Lima sa présidente de région, Valérie Pécresse (Les Républicains, droite), qui a dit sa fierté « que la région accueille les Jeux ! » « L'équipe a été exceptionnelle et émouvante », a-t-elle ajouté.
Pour Stéphane Troussel, le président socialiste du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, département en pointe dans l’accueil des sites sportifs du projet, « le défi qui s’ouvre dès maintenant, c’est de veiller à ce que les Jeux de Paris 2024 profitent à tous les habitants de la Seine-Saint-Denis. Ce sera le premier critère de réussite de ces Jeux, car c’est le sens profond de notre engagement dans ce projet. »
C’est du côté des grands champions français que l’enthousiasme est le plus fort. Pour le judoka Teddy Riner, présent dans la délégation à Lima, « c'est comme une finale olympique. On est tous dans l'euphorie, on mérite, on a bossé pour ça, c'est complètement fou de vivre ça et c'est un grand soulagement aussi. » « J'ai dit que je serais là en 2024, je vais tout faire pour être là en tout cas », a-t-il promis.
« Il y avait une telle émotion dans la salle quand notre équipe est passée, a de son côté raconté l’athlète triple médaillée d’or Marie-José Pérec. On en avait des frissons. On le savait, mais le fait de l'entendre, c'est énorme. Aujourd'hui on a gagné beaucoup plus qu'une médaille d'or. C'est du bonheur, on se dit que ça va rentrer dans l'histoire. »
Un concert de louanges auxquels se sont par la suite joints le basketteur Tony Parker et le footballeur Antoine Griezmann. Quant à Zinédine Zidane, l’ancien champion du monde résumait bien le sentiment du milieu sportif français : « C'est une fierté. Même si je n'ai jamais participé aux Jeux Olympiques, chacun à sa manière nous sommes solidaires de tout ça. J'ai pu participer à plusieurs reprises pour soutenir cette candidature. Je suis heureux », a conclu l’entraîneur du Real Madrid.