Jean-Noël Barrot explique le refus de la France de rejoindre le "Conseil de la paix" de Trump
- « La France n’a pas signé la Charte du Conseil de la paix, car elle remettrait en cause la Charte des Nations Unies et l’ordre international établi », a estimé le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères
Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a expliqué à l’université de Toulouse, lundi, les raisons pour lesquelles la France a refusé de rejoindre le "Conseil de la paix" proposé par le président américain Donald Trump.
« La France n'a pas signé la Charte du Conseil de la paix parce qu'elle est rédigée à ce stade de telle manière qu'elle apparaît comme un substitut à la Charte des Nations Unies. C'est un document qui a été signé il y a 80 ans à San Francisco et qui fixe des principes très simples : pour éviter une nouvelle guerre mondiale, chacun doit respecter certaines règles de base », a déclaré le ministre.
Il a rappelé les principes fondateurs de la Charte : « Je ne touche pas à tes frontières, tu ne touches pas aux miennes. L’intégrité territoriale doit être respectée. Ce n’est pas à moi de décider qui sont tes dirigeants, mais à toi de décider qui sont les miens. L’autodétermination est essentielle. Enfin, l’usage de la violence et de la force doit rester exceptionnel, limité à la légitime défense ou autorisé par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Ces principes résument la Charte des Nations Unies adoptée il y a 80 ans. »
Jean-Noël Barrot a insisté sur le rôle de la Charte dans la démocratie mondiale : « Chaque pays a une voix à l’Assemblée générale, et le Conseil de sécurité comprend 15 membres. On voit bien les tentations des uns et des autres de bousculer cet ordre établi », a-t-il souligné.
Le ministre a expliqué que la France a défendu ces principes dans le cadre du plan de paix proposé par Donald Trump, qui a été endossé par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Cependant, il a critiqué la Charte du Conseil de la paix, estimant qu’elle dépasse le cadre initial de Gaza.
« Cette charte prévoit que le Conseil est créé de façon permanente, avec vocation à traiter toutes les problématiques de paix et de sécurité, que ce soit Gaza, l’Ukraine, le Soudan ou les Grands Lacs. Évidemment, cela n’est pas possible », a-t-il ajouté.
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