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Jean-Noël Barrot appelle à une « troisième voie » européenne face à la rivalité États-Unis–Chine

- « L’important pour nous, au-delà de cette crise dramatique qui traverse le Proche et le Moyen-Orient, c’est, avec l’Europe, d’ouvrir une troisième voie pour éviter que nous nous trouvions entraînés dans un camp ou dans un autre », a-t-il affirmé

Sanaa Ou Amir Ahamada  | 11.03.2026 - Mıse À Jour : 11.03.2026
Jean-Noël Barrot appelle à une « troisième voie » européenne face à la rivalité États-Unis–Chine

Istanbul

AA/Istanbul/Sanaa Amir

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a estimé que le monde entrait dans une phase de rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, appelant l’Europe à tracer une « troisième voie » afin d’éviter tout alignement automatique. Il s’exprimait lors de son intervention dans l’émission « L’événement » sur France 2.

« Le monde qui est en train de se construire, c’est celui d’une rivalité croissante entre deux superpuissances, la superpuissance du XXe siècle, les États-Unis d’Amérique, et la superpuissance émergente, la Chine », a déclaré le ministre. Selon lui, cette compétition stratégique pourrait « à un moment donné donner lieu à des conflits ».

Dans ce contexte, le ministre a souligné que l’enjeu pour la France et ses partenaires européens dépassait les crises actuelles au Proche et au Moyen-Orient. « L’important pour nous, au-delà de cette crise dramatique qui traverse le Proche et le Moyen-Orient, c’est, avec l’Europe, d’ouvrir une troisième voie pour éviter que nous nous trouvions entraînés dans un camp ou dans un autre », a-t-il affirmé.

Poursuivant son analyse, Jean-Noël Barrot a insisté sur la nécessité d’une autonomie stratégique européenne. « Notre vision du monde et notre vision de nous-mêmes, c’est une France et une Europe fortes et indépendantes », a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie française a également mis en garde contre les pressions exercées par les grandes puissances sur leurs partenaires internationaux. « Une Europe forte est capable de résister à la tentation qui sera celle de ces deux grandes superpuissances d’emmener avec elles, dans leur rivalité et leur conflictualité, le plus grand nombre de pays possible », a-t-il conclu.

Cette intervention intervient dans un contexte de crise au Moyen-Orient. La crise a éclaté le 28 février après des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, qui ont entraîné la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei. Téhéran a riposté en visant des cibles en Israël ainsi que dans plusieurs pays de la région abritant des bases américaines.

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