Riyaz Ul Khaliq,Mourad Belhaj
25 Février 2021•Mise à jour: 25 Février 2021
AA / Ankara
Le Japon envisage d'interrompre les nouveaux projets d'aide au développement au Myanmar, afin de faire pression sur la junte militaire du pays d'Asie du Sud-Est pour obtenir la libération de tous les prisonniers et le rétablissement de la démocratie.
Les responsables japonais ont déclaré que Tokyo entend poursuivre ses efforts pour convaincre la junte militaire de libérer la dirigeante de facto Aung San Suu Kyi, ainsi que d'autres dirigeants et militants politiques incarcérés, et de rétablir rapidement un gouvernement démocratique au Myanmar, a rapporté Kyodo News jeudi.
Le Japon entretient de bonnes relations avec l'establishment politique et militaire du Myanmar à majorité bouddhiste et reste un important pays donateur, mais il a dénoncé le coup d'État et envisage de suspendre, "pour le moment", les nouveaux projets d'aide au pays, indique la même source.
L'aide humanitaire ne sera toutefois pas interrompue, notamment en ce qui concerne la lutte contre la pandémie de coronavirus.
En 2019, l'aide au développement du Japon au Myanmar a atteint 1,8 milliard de dollars.
L'armée du Myanmar a déclaré l'état d'urgence, le 1er février, quelques heures après avoir arrêté Suu Kyi et des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), au pouvoir.
Le coup d'État a eu lieu juste avant que le nouveau parlement du pays ne soit convoqué à la suite des élections de novembre, au cours desquelles la LND a enregistré une avancée considérable.
L'armée a affirmé être intervenue en raison de la "fraude électorale" qui a conduit à la domination de la LND.
Le coup d'État a suscité de vives critiques dans le monde entier, de nombreux appels ayant été lancés pour que l'autorité civile soit rétablie dans le pays.
Des manifestations de protestation contre la prise du pouvoir par l'armée se poursuivent dans de nombreuses régions du pays.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj