Italie : un tribunal de Palerme condamne l’État à indemniser Sea-Watch pour l’immobilisation du Sea-Watch 3 en 2019
- La justice italienne a ordonné le versement de 76 000 euros à l’ONG allemande Sea-Watch pour l’immobilisation de son navire Sea-Watch 3 en 2019
Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
Un tribunal de Palerme a ordonné mercredi à l’État italien de verser 76 000 euros à l’ONG allemande Sea-Watch pour l’immobilisation en 2019 de son navire de sauvetage Sea-Watch 3, selon des informations de l’agence italienne ANSA.
D’après ANSA, les juges siciliens ont estimé que le blocage du navire était « illégitime » et ont condamné les ministères italiens de l’Intérieur, des Transports et de l’Économie, ainsi que les autorités locales concernées, à verser une indemnisation couvrant notamment les frais portuaires, le carburant et les dépenses juridiques engagées par l’organisation.
Les faits remontent à juin 2019, lorsque le Sea-Watch 3, alors commandé par l’activiste allemande Carola Rackete, avait accosté à Lampedusa après avoir passé près de deux semaines en mer avec des dizaines de migrants à bord. Le navire avait défié une interdiction d’entrer dans les eaux territoriales italiennes mise en place par le gouvernement de l’époque.
À son arrivée, le bâtiment avait heurté un navire des forces de l’ordre. Il avait ensuite été saisi pendant plusieurs mois. Carola Rackete avait été arrêtée et poursuivie pour aide à l’immigration clandestine, avant que les poursuites ne soient abandonnées en 2021 par la justice italienne.
À la suite du jugement rendu mercredi, Sea-Watch a déclaré sur le réseau social américain X que « la loi soutient une fois de plus la désobéissance civile ».
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a réagi, affirmant être « littéralement sans voix ». Elle a interrogé le rôle des magistrats, déclarant : « Le rôle des magistrats est-il de faire respecter la loi ou de récompenser ceux qui se vantent de ne pas la respecter ? », selon des propos relayés par la presse italienne.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement italien et la magistrature au sujet de la politique migratoire.
Ces dernières années, plusieurs navires d’ONG opérant en Méditerranée ont été immobilisés en application de décrets gouvernementaux visant à encadrer les opérations de sauvetage en mer.
