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Istanbul : ouverture du Sommet international de communication stratégique 2026

- Onze ministres de dix pays feront partie des plus de 60 hauts responsables participant au sommet

Gizem Nisa Çebi Demir, Seda Sevencan  | 27.03.2026 - Mıse À Jour : 27.03.2026
Istanbul : ouverture du Sommet international de communication stratégique 2026

Istanbul

AA / Istanbul 

Le Sommet international de communication stratégique (Stratcom Summit) 2026 a débuté vendredi à Istanbul, réunissant des hauts responsables de 38 pays pour discuter de la guerre au Moyen-Orient et des défis plus larges auxquels est confronté le système international.

Organisé par la Direction de la communication de Türkiye, ce sommet de deux jours, qui se tient du 27 au 28 mars, sera suivi par le vice-président turc, Cevdet Yilmaz, le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan et le directeur de l’Organisation nationale du renseignement (MIT), Ibrahim Kalin.

Onze ministres de dix pays feront partie des plus de 60 hauts responsables participant au sommet.

Sous le thème « Perturbations dans le système international : crises, récits et recherche d’un ordre », le sommet examinera les déséquilibres structurels du système mondial, les crises qui en résultent et les approches régionales pour restaurer la stabilité internationale.

« L’humanité a besoin de paix, et la paix exige la justice »

Dans son discours d’ouverture du sommet, le vice-président turc, Cevdet Yilmaz, a averti que l’instabilité mondiale croissante, les guerres et la désinformation redessinent la politique internationale et soulignent l’importance de la communication stratégique dans la gouvernance.

Il a expliqué que l’ordre établi après la Seconde Guerre mondiale est de plus en plus mis à l’épreuve, les équilibres de pouvoir changeants dépassant les capacités des institutions, tandis que les crises simultanées en matière de sécurité, d’économie, de climat et de migration deviennent des caractéristiques permanentes de la politique mondiale.

Yilmaz a identifié les tensions entre Israël, les États-Unis et l’Iran comme une menace majeure pour la stabilité régionale et mondiale, en citant les conséquences humanitaires et économiques, et a affirmé que Türkiye pousse pour un cessez-le-feu immédiat par le biais d’un engagement diplomatique dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan.

Il a également critiqué les actions d’Israël à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Syrie, ainsi que les restrictions à la mosquée Al-Aqsa en Cisjordanie, appelant à une opposition internationale plus forte face aux violations du droit international.

Avertissant que les conflits modernes sont de plus en plus influencés par la désinformation et les contenus générés par l’IA, Yilmaz a souligné que la guerre de l’information et l’accès restreint aux médias compliquent l’obtention d’informations fiables.

Il a mis en avant le rôle diplomatique de Türkiye, citant des efforts de médiation allant du conflit Russie-Ukraine à l’Afrique, et a souligné qu’Ankara reste l’un des rares acteurs capables de dialoguer à la fois avec l’Est et l’Ouest.

« Le monde est plus grand que cinq… L’humanité a besoin de paix, et la paix exige la justice », a déclaré Yilmaz, ajoutant : « Nous visons à être à la fois justes et forts. »

Il a conclu que la communication stratégique est désormais essentielle pour gérer les risques et a appelé à une coopération plus étroite entre gouvernements, médias, universités et société civile.

« Les menaces n’arrivent pas par les balles, mais par la manipulation »

Burhanettin Duran a également souligné que le sommet, qui « est devenu une marque internationale », attire une attention mondiale croissante.

« Nous aborderons les questions de confiance dans le domaine de la communication stratégique tout en traitant l’agenda mondial et procéderons à un échange d’idées approfondi », a déclaré Duran.

Il a précisé que le sommet se tient sous le thème « Perturbations dans le système international : crises, récits et recherche d’un ordre », reflétant la nature turbulente du contexte mondial actuel.

« À l’ère dans laquelle nous vivons, la communication stratégique, les zones de conflit et les crises ne peuvent plus être considérées séparément », a-t-il ajouté, soulignant que l’information est passée de simple transmission de faits à un instrument direct de pouvoir et de compétition.

« Aujourd’hui, les menaces pénètrent dans notre monde non pas avec des tanks, mais avec de nouvelles tendances, et elles n’arrivent pas par les balles, mais par la manipulation », a conclu Duran, insistant sur le fait que protéger la vérité est devenu aussi crucial que protéger les frontières physiques dans la nouvelle architecture sécuritaire.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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