Iran: une soixantaine de navires français bloqués dans le golfe Persique, alerte le président d’Armateurs de France
- « Nous avons une soixantaine de nos navires bloqués (..). Instruction a été donnée de ne pas bouger et de ne pas tenter de sortir du détroit », déclare Édouard Louis-Dreyfus, alors que la situation continue de s'embraser dans la région
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël perturbe fortement le trafic maritime dans le golfe persique, où une soixantaine de navires français se trouvent actuellement bloqués, selon le président d’Armateurs de France, Édouard Louis-Dreyfus.
Invité ce dimanche sur France Inter, le responsable a indiqué que ces bâtiments ont franchi le détroit d’Ormuz mais demeurent désormais immobilisés dans le Golfe en raison des tensions sécuritaires et des restrictions imposées dans la zone.
« Nous avons une soixantaine de nos navires bloqués dans le golfe Persique. Instruction a été donnée de ne pas bouger et de ne pas tenter de sortir du détroit », a-t-il déclaré, précisant que le passage stratégique a été fermé ou restreint en raison des tensions. Les consignes adressées aux autres navires consistent à « rester le plus loin possible de la région ».
Selon le président d’Armateurs de France, l’escalade militaire expose les navires présents dans les ports régionaux aux risques liés aux frappes de missiles visant notamment des infrastructures proches de bases militaires américaines, souvent situées à proximité des zones portuaires. Cette proximité renforce les inquiétudes des armateurs quant à la sécurité des équipages et des cargaisons.
Édouard Louis-Dreyfus a indiqué que les ports considérés comme les plus sûrs à l’heure actuelle se trouvent en Arabie saoudite, où l’exposition aux frappes serait relativement plus limitée.
Le trafic maritime dans le golfe Persique, corridor énergétique stratégique reliant le détroit d’Ormuz aux marchés internationaux, est ainsi directement affecté par l’escalade militaire entre Téhéran, Tel Aviv et Washington.
De son côté, l’Iran a confirmé dimanche avoir attaqué un pétrolier pour avoir désobéi aux ordres lui interdisant de traverser le détroit d’Ormuz, la télévision d’État ayant rapporté que le navire tentait « illégalement » de franchir ce passage maritime.
Des militants sur les réseaux sociaux ont diffusé des images du pétrolier, visiblement à la dérive et en train de couler, avec des colonnes de fumée s’élevant après qu’il a été ciblé.
Le Centre de sécurité maritime d’Oman a indiqué dimanche matin que quatre personnes ont été blessées lors d’une attaque contre un pétrolier battant pavillon paluan, au nord du port de Khasab, dans le détroit d’Ormuz.
Pour rappel, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran samedi, tandis que Téhéran a mené des attaques de représailles à l’aide de missiles et de drones.
Samedi, des médias iraniens ont rapporté que le détroit d’Ormuz avait été « effectivement » fermé à la suite des frappes américaines et israéliennes.
Dimanche, l’Iran a confirmé la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que celle de plusieurs hauts responsables, lors des attaques.
Washington et Tel-Aviv accusent Téhéran de développer des programmes nucléaire et balistique constituant une menace pour Israël, seul pays de la région disposant officiellement de l’arme nucléaire, ainsi que pour les alliés des États-Unis. L’Iran affirme pour sa part que son programme nucléaire est pacifique et qu’il ne vise pas à produire d’armes nucléaires.
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