Iran: les réactions politiques françaises se multiplient depuis l'annonce de la disparition d'Ali Khamenei
- De la droite à la gauche, en passant par les écologistes, « la libération » du peuple iranien est saluée. Jean-Luc Mélenchon estime toutefois que l’assassinat de dirigeants constitue « la négation de tout droit international »
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Les réactions des responsables politiques français se multiplient depuis l’annonce de la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors de frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël.
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a exprimé sur France 3 « une pensée très émue pour les Iraniennes et les Iraniens qui subissent ce régime sanguinaire depuis 47 ans », disant souhaiter qu’ils puissent « s’en libérer », mais estimant toutefois que « des bombardements n’ont jamais démocratisé un pays » et affirmé qu’elle aurait « préféré qu’Ali Khamenei soit jugé plutôt que tué ».
De son côté, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, a dénoncé sur le réseau social X des attaques menées, selon elle, par « le régime terroriste iranien » contre l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis. Elle a appelé la France à être « au rendez-vous, aux côtés de ses alliés et pleinement mobilisée pour protéger ses ressortissants ».
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a pour sa part, estimé sur X également, que « le régime iranien est considérablement affaibli par l’élimination de l’ayatollah Khamenei », jugeant que « lorsque les intérêts supérieurs de la Nation sont en jeu, l’unité nationale est un devoir » et appelant la France à parler « d’une voix claire, forte et indépendante ».
À gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a déclaré que « le bourreau Khamenei est mort » et affirmé ne pas pleurer « celui qui a fait tirer sur la jeunesse iranienne ». Il s’est interrogé sur la succession du dirigeant iranien et sur le rôle des Gardiens de la révolution, évoquant le risque d’une confrontation interne.
Le président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale et secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, a estimé sur Franceinfo que le régime des mollahs représentait « plus de 40 ans d’une chape de plomb sur tout un peuple », critiquant par ailleurs le rôle des Nations unies dans la gestion des crises internationales. « Je constate que l'ONU est devenue un guichet humanitaire et une ONG climatique », a martelé Gabriel Attal.
Enfin, le fondateur de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a affirmé que « la mort d’Ali Khamenei ne justifie pas les moyens qui l’ont provoquée », estimant que l’assassinat de dirigeants constitue « la négation de tout droit international ». Il a dénoncé une guerre menée « sans autre mandat » et mis en garde contre un « nouveau cycle de violences et d’escalades régionales et mondiales ».
Pour rappel, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran samedi, tandis que Téhéran a mené des attaques de représailles à l’aide de missiles et de drones.
Samedi, des médias iraniens ont rapporté que le détroit d’Ormuz avait été « effectivement » fermé à la suite des frappes américaines et israéliennes.
Dimanche, l’Iran a confirmé la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que celle de plusieurs hauts responsables, lors des attaques.
Washington et Tel-Aviv accusent Téhéran de développer des programmes nucléaire et balistique constituant une menace pour Israël, seul pays de la région disposant officiellement de l’arme nucléaire, ainsi que pour les alliés des États-Unis. L’Iran affirme pour sa part que son programme nucléaire est pacifique et qu’il ne vise pas à produire d’armes nucléaires.
