Iran : le chef de la diplomatie affirme que la situation est "sous contrôle", Trump évoque des "options très fortes"
- Le chef de la diplomatie iranienne a assuré ce lundi que la situation était « sous contrôle » et annoncé un rétablissement prochain d’Internet, tandis que Washington, Pékin et Berlin ont réagi
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé ce lundi que « la situation est désormais totalement sous contrôle » en Iran, après de nouvelles manifestations contre le pouvoir qui ont atteint, selon lui, « un pic de violence durant le week-end ».
S’exprimant devant des diplomates étrangers à Téhéran et cité par Al Jazeera, Abbas Araghchi a estimé que les manifestations avaient « tourné à la violence et au sang afin de fournir un prétexte » au président américain Donald Trump pour intervenir contre l’Iran. Il a ajouté que les autorités disposaient de vidéos montrant, selon lui, des distributions d’armes à des manifestants et que des « confessions » de personnes arrêtées seraient diffusées. Le ministre a également indiqué que les autorités allaient « traquer » les responsables, affirmant que les troubles avaient été « exaltés et alimentés » par des agents étrangers.
Le chef de la diplomatie iranienne a par ailleurs annoncé un prochain rétablissement de l’accès à Internet, coupé depuis le 8 janvier selon l’ONG Netblocks, ajoutant que le gouvernement coordonnait ses efforts avec les forces de sécurité pour rétablir la connexion, y compris dans les ambassades et les ministères. Des opposants au régime affirment que cette coupure visait à dissimuler la répression.
Selon l’organisation iranienne de défense des droits humains HRANA (Human Rights Activists News Agency), au moins 544 personnes sont morts depuis le début du mouvement de contestation fin décembre, dont 496 manifestants et 48 membres des forces de sécurité. HRANA fait également état de plus de 10.600 arrestations.
L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a pour sa part déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, un bilan qu’elle indique avoir plus que doublé en une journée grâce à de nouvelles données et documents visuels, malgré le black-out d’Internet. Elle estime également à plus de 10.600 le nombre de personnes arrêtées et précise que le nombre réel de victimes pourrait être nettement plus élevé. Le gouvernement iranien ne communique pas de bilan officiel.
Sur le plan international, la Chine a appelé à la « paix » en Iran et s’est opposée à toute « ingérence étrangère », selon le ministère chinois des Affaires étrangères. Pékin a dit suivre « de près » l’évolution de la situation et soutenir le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures.
En Europe, le chancelier allemand Friedrich Merz a « fermement condamné » la violence exercée par les dirigeants iraniens contre leur propre population, la qualifiant de « signe de faiblesse ». « J’appelle les dirigeants iraniens à protéger leur population au lieu de la menacer (…) Cette violence n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse. Elle doit cesser immédiatement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en déplacement à Ahmedabad, dans le nord de l’Inde.
Aux États-Unis, le président Donald Trump a déclaré dimanche que les dirigeants iraniens avaient appelé pour « négocier » après ses menaces d’opération militaire, affirmant qu’« une rencontre est en cours de préparation ». Il a toutefois prévenu que Washington pourrait « devoir agir avant une rencontre » et indiqué que l’armée américaine étudiait des « options très fortes » concernant l’Iran.
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
